19 avril 2018
Art oratoire à l’ÉSSJ
« Des petites révolutions humaines »
Par: Olivier Dénommée
Michèle Lemelin et Alexis Tremblay sont fiers de la qualité des jeunes orateurs formés à l’École secondaire Saint-Joseph, qui sortent souvent du moule préétabli. « On amène nos élèves à oser, voire à être radicaux. C’est ce qui nous distingue », estime Alexis Tremblay.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Michèle Lemelin et Alexis Tremblay sont fiers de la qualité des jeunes orateurs formés à l’École secondaire Saint-Joseph, qui sortent souvent du moule préétabli. « On amène nos élèves à oser, voire à être radicaux. C’est ce qui nous distingue », estime Alexis Tremblay. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’an dernier, la première édition de Jeunes d’Aujourd’hui à l’École secondaire Saint-Joseph (ÉSSJ) avait agréablement créé la surprise. Environ 150 spectateurs ont encouragé les 13 participants de ce concours d’art oratoire, un succès inespéré pour l’organisation. La barre est encore plus haute pour la seconde édition, dont la finale sera présentée le 30 avril.

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Michèle Lemelin, enseignante derrière le groupe d’art oratoire, souligne l’évolution rapide de l’intérêt pour Jeunes d’Aujourd’hui, passant de 13 candidats à 17, dont une issue du programme régulier. « C’est encore parti de ma classe de français de PEI, mais on a fait une première tentative de faire une tournée des classes régulières et d’aide à la réussite. En convaincre une, c’est déjà un pas dans la bonne direction et elle pourra être une ambassadrice dans les prochaines années. »

Si attirer les jeunes vers l’art oratoire est toujours un défi, Mme Lemelin et Alexis Tremblay, lui-même un ancien élève de l’ÉSSJ qui est passé par cette discipline, croient fermement qu’une expertise s’est créée au fil des ans. « Chaque année, on a sensiblement le même bassin d’élèves, mais le niveau est exponentiellement plus élevé », soutient Alexis Tremblay. Selon lui, l’expérience de la première édition de Jeunes d’Aujourd’hui a permis de développer « des méthodes plus adaptées aux jeunes de 5e secondaire », permettant de rehausser drastiquement le niveau des jeunes participants aux demi-finales du concours, où il était juge.

Jeunes frondeurs

Le résultat semble concluant, alors que des sujets aussi variés que la réussite, la persévérance, l’environnement, l’intolérance, la peur de l’autre et même le Parti québécois ont été abordés par les demi-finalistes. « Ce sont des prises de position originales, surtout pour des jeunes de 16 ou 17 ans. On voit des textes plus confrontants, plus frondeurs », estime Alexis Tremblay.

Un atelier donné par le scénariste maskoutain François Avard n’est certainement pas étranger au côté frondeur de certains textes. « C’est encourageant de voir que les jeunes développent leur esprit critique. Ceux qui passent par l’art oratoire grandissent réellement et deviennent de jeunes penseurs », insiste Alexis Tremblay, qui a lui-même suivi ce parcours il y a 8 ans. L’art oratoire permet de voir naître « des petites révolutions humaines », selon lui.

Quelques commanditaires contribuent au succès de ce concours, incluant Collection Unimage, la Fondation de l’École secondaire Saint-Joseph, le Comité de parents de l’École secondaire Saint-Joseph, la députée Chantal Soucy et particulièrement le Club Optimiste Douville, qui offre 1 000 $ en prix pour la seconde édition de Jeunes d’Aujourd’hui.

Il sera possible de voir à l’œuvre le talent des 12 orateurs finalistes le lundi 30 avril dès 19 h, à la salle Jeanne-Daigle de l’ÉSSJ. C’est gratuit et Michèle Lemelin indique avoir invité le personnel des autres écoles qui serait curieux de voir ce que des élèves de secondaire 5 peuvent réaliser grâce à l’art oratoire. Le but avoué serait de voir le concours grossir davantage et de l’exporter en dehors des murs de l’ÉSSJ.

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