23 avril 2015
Des poupées diaboliques
Par: Martin Bourassa
Victoria Laberge et Élyanne Leclerc : les deux petites poupées diaboliques de l’école Assomption de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Victoria Laberge et Élyanne Leclerc : les deux petites poupées diaboliques de l’école Assomption de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Grandes et fidèles amies dans la vie de tous les jours, Victoria Laberge et ­Élyanne Leclerc, âgées de 12 ans, ­partagent une passion commune pour la danse et une complicité qui saute aux yeux et ne laisse personne indifférent.

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Les quelque 450 personnes qui ont ­assisté à la grande finale du concours artistique Primaire en spectacle, le 10 avril, à l’auditorium de la polyvalente Hyacinthe-Delorme peuvent en témoigner.

Sous le charme, elles ont décerné le prix coup de coeur aux deux talentueuses ­représentantes de l’école Assomption de Saint-Hyacinthe.

Les poupées diaboliques mises en scène et interprétées avec justesse par Victoria et Élyanne ont véritablement conquis le coeur du public.

Un exploit digne de mention considérant le fait que pas moins de seize ­numéros étaient en compétition, dont certains comptant près d’une quinzaine de participants… et forcément d’innombrables supporters dans la salle!

« Nous étions confiantes, mais en même temps je me demandais si on pouvait réellement gagner avec un numéro de danse, avoue Victoria. Mais on a livré notre meilleure performance au bon ­moment et les gens ont vraiment eu l’air d’apprécier. C’était super beau et la ­réaction a été très forte! »

Avec une franchise rafraîchissante, elles disent ne pas avoir été trop déçues de ne pas remporter l’un des trois ­premiers prix de la finale régionale.

À leurs yeux, le prix coup de coeur du public vaut de l’or. « Il y avait trois juges, mais des centaines de personnes dans la salle! Trois juges nous ont moins aimées, mais notre numéro a plu à toute la salle, c’est ce qui compte », constate Élyanne.

Un duo diabolique

Cet honneur est l’aboutissement d’un processus créatif ponctué de longues heures de répétitions échelonnées sur cinq ou six semaines.

Si Victoria en était à une première ­participation à ce concours, Élyanne ­savait un peu plus dans quoi elle s’embarquait, même si à sa première expérience l’an dernier elle n’avait pas été en mesure de se qualifier pour la finale régionale.

Sa prestation avait cependant attiré ­l’attention de Victoria et les deux copines avaient convenu de faire équipe en 2015. Ne restait plus qu’à monter un bon numéro de danse, une discipline dans laquelle elles excellent toutes les deux.

Victoria s’exerce depuis huit ans avec l’École de danse Movimento du Collège Saint-Maurice; la seconde depuis neuf ans à l’Atelier de ballet classique de Saint-Hyacinthe.

La première étape consistait à dénicher la bonne musique. Après quelques heures d’écoute, elles ont finalement ­arrêté leur choix sur la pièce musicale Dead Silence, tirée du film d’horreur du même nom. Restait ensuite à monter et à placer la chorégraphie.

Une étape beaucoup plus complexe qu’anticipée avouent les deux complices.

« La grande difficulté résidait dans le fait que nos styles de danse ne sont pas les mêmes. Je suis plus à l’aise dans la danse moderne et Élyanne, elle, pratique la danse classique. Il a donc fallu faire des compromis et des ajustements. On a ­privilégié une approche plus moderne, avec quelques éléments classiques, question de mettre à profit nos forces ­respectives. On a fait un bon mélange des genres, je crois. »

Au début du numéro, les deux poupées mécaniques dansent en parfaite ­harmonie et synchronicité. Mais peu à peu, la musique déraille et les poupées s’emballent et donnent libre cours à leurs mouvements dans un rythme effréné. Au niveau de l’originalité et de la créativité, il était difficile de faire mieux, ­reconnaissent-elles.

La danse de l’amitié

Le retour en classe après la grande finale a été un autre moment fort pour nos deux poupées diaboliques. « Tout le monde nous félicite et nous pose des questions, on se sent un peu comme des vedettes. On a vécu une super belle expérience et on conseille à tout le monde de participer l’an prochain. On aimerait bien le refaire ­ensemble, mais nous sommes en ­sixième, donc nous serons au secondaire. »

Quand on leur fait remarquer qu’un concours similaire est organisé pour les jeunes du secondaire, à savoir ­Secondaire en spectacle, elles ­mentionnent que ce ne sera pas pareil, car leur route se sépare au terme de la présente année scolaire.

Victoria poursuivra ses études au ­Collège Saint-Maurice, option danse, l’an prochain, tandis qu’Élyanne ­prendra le chemin de l’École secondaire ­Saint-­Joseph, volet international et danse. « Nous ne serons plus dans la même école, mais nous ne nous ­perdrons pas de vue pour autant… et nous ­continuerons de danser ensemble pour le plaisir », ­promettent nos deux danseuses étoiles.

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