7 décembre 2017
entre les lignes
Des preuves svp
Par: Le Courrier

On veut pas le savoir, on veut le voir, disait Yvon Deschamps. Cette vérité s’applique aussi pour les expertises concernant la restauration du Marché public de Saint-Hyacinthe.

La Ville a tenu un point de presse récemment pour essayer d’apaiser la polémique qui gonfle autour de sa décision de remplacer toutes les briques de son joyau au cœur du centre-ville.
Des voix s’élèvent pour contester cette décision étonnante qui risque de mettre à mal le caractère patrimonial du marché. Dans un monde idéal, axé sur la transparence, la Ville se serait présentée devant les médias avec un ou deux spécialistes et toutes les expertises qu’elle a commandées pour justifier cette décision.
Mais dans le monde maskoutain, axé sur le contrôle de l’information, la Ville s’est plutôt présentée avec un surintendant aux Travaux publics, aucun rapport et même pas de communiqué de presse officiel sur lequel se rabattre ou argumenter. Il aurait été préférable de pouvoir lire ces rapports afin de pouvoir comprendre et apprécier le raisonnement qui milite en faveur du remplacement de la brique plutôt qu’une restauration selon les règles de l’art. La décision de la Ville repose-t-elle essentiellement sur l’idée de trouver une solution qui lui procurera la paix d’esprit en lui évitant de retoucher au Marché public tous les cinq ans?
Si c’est le cas, ce n’est pas une bonne raison. Entretenir des bâtiments patrimoniaux municipaux commande des obligations et des inconvénients, cela va de soi, et cela fait partie de la responsabilité de la Ville. Tous les experts et ceux qui n’en sont pas vous le diront. Alors justement, que disent les spécialistes sur ce dossier sensible? Y a-t-il des nuances ou des contradictions dans les rapports? Pour l’instant, il faut se fier à la parole des élus et de la direction générale. C’est pour cette raison que nous avons déposé une demande en vertu de la Loi d’accès à l’information pour obtenir tous les rapports en question.
On ne demande pas mieux que de croire les autorités municipales, mais dans un dossier aussi sensible, qui touche l’emblème de la ville et du centre-ville, plus de transparence que pas assez nous semble être une nécessité.

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