27 octobre 2016
Des propos explosifs
Par: Martin Bourassa

Dans quelques années, comptez sur le conseiller ou ex-conseiller Bernard Barré pour brandir bien haut une découpure de presse du COURRIER, judicieusement sortie de ses archives personnelles. Elle sera datée de l’édition du 20 octobre 2016, à la page 5.

Fièrement, vous pourrez l’entendre dire : « Je vous l’avais-tu dit? »

Il fera alors référence à cette déclaration faite la semaine dernière dans le dossier du prolongement du boulevard Casavant. Il a profité d’une demande d’autorisation adressée à la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour envoyer un signal on ne peut plus clair aux Maskoutains. « Ce projet-là va faire exploser notre service de la dette, a dit le conseiller de La Providence. Il faut que les gens en soient bien conscients. La machine est partie et on ne l’arrêtera plus. »

Était-ce un avertissement, un simple constat ou encore une volonté de réveiller les citoyens pour les inciter à réfréner les ardeurs, et surtout les dépenses du conseil, ça, c’est un peu moins limpide, même pour certains de ses collègues.

Le train s’est effectivement mis en marche en mars, quand le conseil municipal a donné le feu vert au Canadien National pour la préparation des plans et devis. On espérait alors avoir une meilleure vue d’ensemble du projet et surtout de son coût. Une réponse est attendue à ce sujet d’ici Noël. Sauf que la Ville a décidé de ne pas attendre de connaître le montant précis de la facture pour préparer la suite. Au rythme où les autres mandats sont donnés, ce projet semble désormais incontournable. 

Et on croit comprendre des propos de M. Barré que nos élus vont se lancer sans aucune subvention, comme pour le centre de congrès. C’est d’ailleurs ce qu’une majorité de citoyens leur avait recommandé de faire lors de la consultation publique sur le sujet il y a trois ans, avant de savoir qu’il faudrait aussi investir 25 M$ dans un centre de congrès. De toute évidence, ce conseil calcule que l’opinion publique n’a pas changé d’un iota sur la question du tunnel et que nous avons les moyens de nos ambitions.

Tant mieux, car l’impact de leurs décisions de 2016 sur la dette municipale sera ÉNORME, pour reprendre l’expression consacrée par la campagne publicitaire.

Pas tant sur la dette qui sera mise à jour l’été prochain, à quelques semaines des élections municipales, mais assurément sur la dette de 2018 lorsque notre centre de congrès sera construit et que les travaux de plus ou moins 30 M$ auront débuté sur le boulevard Casavant. Considérant que la dette à l’ensemble se situait à 25,7 M$ au 31 décembre 2015, il ne serait pas étonnant de la voir flirter autour de 75 M$ avant longtemps. Pour Bernard Barré, qui ne manque jamais une occasion de rappeler l’effacement d’une dette semblable pendant les 21 années de Claude Bernier à la mairie, il s’agit certes d’un chiffre astronomique, explosif. Il n’a pas tort. Sauf que toutes les dettes ne sont pas égales. Il y en a de bonnes et de mauvaises.

Dans le cas du centre de congrès et du tunnel, nous sommes d’avis qu’elles rentrent dans la catégorie des bonnes dépenses. La question reste de savoir quels projets ne pourront être faits ou devront être reportés dans les années à venir.

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