11 août 2016
Pertes d’emplois chez Olymel
Des réactions maskoutaines
Par: Rémi Léonard
Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, en haut à gauche, puis dans l’ordre des aiguilles d’une montre, Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe, André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole et Gabriel Michaud, directeur général de la MRC des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, en haut à gauche, puis dans l’ordre des aiguilles d’une montre, Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe, André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole et Gabriel Michaud, directeur général de la MRC des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

L’annonce faite vendredi matin par Olymel a largement secoué la communauté maskoutaine. La disparition graduelle, mais inévitable, d’autant de bons emplois à Saint-Hyacinthe est venue mettre un sérieux bémol au bilan économique de « la championne canadienne de l’emploi ». Malgré tout, un optimisme tempéré semble être l’attitude de mise chez différents intervenants de la région.

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Le maire

À la mairie, Claude Corbeil a indiqué avoir été informé de la décision le 3 août lors d’une rencontre avec le PDG d’Olymel. « C’est clair que ce n’est pas une bonne nouvelle pour Saint-Hyacinthe », a-t-il reconnu. Le maire a cependant affirmé qu’il a obtenu l’assurance de la part de Réjean Nadeau que le siège social demeurerait à Saint-Hyacinthe. Olymel et la Ville restent ainsi de bons partenaires, assure-t-il.

L’ancien président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec fonde des espoirs dans le plan de repositionnement des employés proposé par Olymel. Il souhaite que le plus de travailleurs possible réussissent à se trouver un nouveau poste assez près de Saint-Hyacinthe pour qu’ils puissent éviter un déménagement. Claude Corbeil ne voudrait pas qu’une telle annonce vienne contrecarrer ses plans d’augmenter la population de la ville à 60 000 habitants d’ici 2020.

Mardi, l’annonce d’un investissement massif à Yamachiche n’a pas refroidi la confiance du maire envers Olymel, a-t-il assuré. « Ça reste dans le secteur du porc. C’est triste pour notre région, mais ce n’est plus nous qui avons les abattoirs. Maintenant, ce qui reste ici est dans le poulet », analyse-t-il. Il garde malgré tout la foi en « une seconde vie » pour l’usine de Saint-Hyacinthe et en la création de nouveaux emplois pour les travailleurs qui cesseront le désossage au cours de la prochaine année.

Les députées

Chantal Soucy a parlé lundi d’une « triste nouvelle ». « C’est un coup économique difficile pour Saint-Hyacinthe, même un deuxième coup dur après la fermeture du centre de congrès », a-t-elle rappelé. Tout comme le maire, elle mise sur le repositionnement des employés et souhaite que les postes perdus soient transférés « dans la grande région de Saint-Hyacinthe », a-t-elle fait valoir lors d’un entretien avec le premier vice-président d’Olymel, Paul Beauchamp.

La députée caquiste a indiqué qu’elle ferait le suivi du processus pour s’assurer que « la grande majorité » des employés retrouvent un poste chez Olymel d’ici septembre 2017, ce qui est l’objectif de l’entreprise.

La députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, la néodémocrate Brigitte Sansoucy, a insisté sur les conséquences humaines de ces mises à pied. Elle a rappelé que certains de ces travailleurs avaient déjà été transférés depuis Saint-Simon et vivent maintenant une deuxième fermeture d’usine. « Il ne faut pas oublier que derrière chaque perte d’emploi, c’est aussi une famille qui est touchée », a-t-elle affirmé.

Coup dur pour le développement industriel

À Saint-Hyacinthe Technopole, on a évidemment accueilli ces nombreuses pertes d’emplois avec déception. Le directeur général, André Barnabé, a réagi vendredi en parlant d’une « très mauvaise nouvelle » qui a lancé une véritable « onde de choc » à Saint-Hyacinthe.

Il a tout de même tempéré en mentionnant que l’effet de cette décision prendra plusieurs mois avant de se faire sentir. « On a encore le temps de s’asseoir pour explorer des pistes de relance ou de rechange », a-t-il affirmé, précisant avoir demandé une rencontre avec la compagnie et le syndicat pour voir si Saint-Hyacinthe Technopole pouvait aider au processus.

Sans minimiser l’ampleur des mises à pied, André Barnabé a mentionné qu’Olymel restait quand même un employeur d’envergure à Saint-Hyacinthe, avec l’usine de Sainte-Rosalie et le siège social sur l’avenue Léon-Pratte, ainsi que plusieurs installations à travers la MRC.

Justement, le directeur général de la MRC des Maskoutains, Gabriel Michaud, a proposé un plan de match semblable. Son service de développement économique va « suivre avec intérêt » le plan d’Olymel quant à l’avenir de son usine de Saint-Hyacinthe. Comme les autres intervenants rencontrés, il souhaite avant tout que les installations restent actives à la hauteur de leur capacité et analysera avec la compagnie comment son organisme peut aider aux nouvelles activités.

Les éleveurs épargnés

Du côté des producteurs de porcs, on sympathise avec les travailleurs, mais l’impact de la réorganisation d’Olymel sera limité pour eux, soutient le président des Éleveurs de porcs de la Montérégie, David Duval. « Si c’était un abattoir, ça nous toucherait directement, mais là c’est une usine de transformation », explique-t-il.

Après avoir passé au hachoir les emplois à Saint-Hyacinthe, l’entreprise a en effet annoncé vouloir intensifier ses activités à l’usine d’abattage et de découpe de Yamachiche, en Mauricie. Il n’y a donc pas de raison de croire que le nombre de porcs abattus par Olymel sera revu à la baisse.

Une mince consolation pour la région maskoutaine, qui à défaut de pouvoir retenir ses emplois manufacturiers, ne devrait pas voir son secteur agricole trop affligé par le repli d’Olymel en Montérégie.

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