18 octobre 2018
Des roses en octobre!
Par: Le Courrier

Bonjour M. Bourassa, Maintenant que la campagne électorale est chose du passé et que ma vie a repris un cours un peu plus normal, à mon tour de me permettre une remarque éditoriale. Je vais reprendre votre célèbre formule et y aller avec la distribution de « fleurs »; profitez-en, car bien que je cultive mon sens critique avec la constance du jardinier, il n’y aura dans ce texte que des roses… pas de pissenlits!

La première rose : sans flatterie et sans partisanerie, je veux féliciter Le Courrier et ses artisans (journalistes, rédacteur en chef/éditorialiste et photographes) pour la qualité de la couverture médiatique liée à la campagne électorale. Toujours empreint de professionnalisme, j’ai apprécié le travail des journalistes M. Lorry, M. Léonard, M. Dénommée et M. Lapierre ainsi que le vôtre, à titre de rédacteur en chef/éditorialiste du Courrier. En d’autres mots, le type de questions formulées en entrevue et la maîtrise manifeste des enjeux locaux font honneur à notre presse régionale.

La deuxième rose : j’ignore s’il s’agit d’une tradition du Courrier ou si c’était une première, mais j’ai grandement apprécié la décision rédactionnelle d’attitrer un journaliste à un candidat tout au long de la campagne. D’une triple perspective de candidate, de citoyenne et de politologue, j’estime que le lectorat y gagne en démystification et en appropriation d’enjeux politiques.

Comme lecteur, comme citoyen, être en mesure de se forger une perspective comparative sur l’offre des partis politiques et des candidatures sur les rangs, c’est l’une des bases de notre exercice démocratique – pourtant souvent négligée – ou qui peut souffrir d’un déficit de couverture médiatique; l’espace rédactionnel est limité et restreint et l’arène politique en est une parmi les autres dans cette compétition et ce tri des informations et des nouvelles qui seront publiées.

Or, Le Courrier a fait le choix de l’information politique tout au long de la campagne électorale, et ce, même en amont de la course. De plus, la rencontre éditoriale d’une heure en tête-à-tête avec chaque candidat m’a beaucoup plu. Dans un monde des médias où la rapidité et l’instantanéité sont reines, il est devenu rarissime d’avoir ce type d’échange où l’on peut, avec profondeur, expliquer et développer un argumentaire politique.

La troisième rose : je sais ô combien les médias traditionnels, particulièrement la presse écrite et de surcroît la presse écrite régionale, traversent une crise sans précédent. Le nombre de titres/médias locaux et régionaux du Québec se réduit comme peau de chagrin et la tendance est au licenciement des employés, à la fermeture des journaux et donc à la perte de la couverture et de l’information régionales. Je me réjouis de vivre dans un milieu où un journal comme Le Courrier vit et existe de manière dynamique et publie du contenu original et de qualité qu’on ne retrouverait peu ou pas dans nos médias nationaux.

En terminant, une petite confidence : depuis que je suis Maskoutaine, j’ai toujours été une lectrice du Courrier, mais en dilettante, en lisant l’hebdomadaire à la Médiathèque maskoutaine ou à la bibliothèque du Cégep. Candidature oblige, je me suis abonnée il y a plus de six mois maintenant. Il y a quelques jours, j’ai reçu par hasard un appel de la division des ventes pour me proposer un renouvellement de deux ans au Courrier. Je n’ai pas hésité une seconde à renouveler mon abonnement parce que je n’ai pas envie que la communauté maskoutaine souffre « d’une extinction de voix régionale » pour reprendre le titre du tout nouveau livre de la journaliste Marie-Ève Martel : Extinction de voix : plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale. 

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