30 juin 2011
Olymel intéressée par le boeuf?
Des rumeurs de vente autour de l’abattoir Colbex
Par: Nicolas Dubois

Les rumeurs deviennent de plus en plus persistantes à l’effet que l’abattoir Colbex-Levinoff, détenu par la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ), passe entre les mains du secteur privé. Le nom qui est sur toutes les lèvres : Olymel. L’entreprise, dont le siège social se trouve à Saint-Hyacinthe, se lancerait-elle dans la production bovine?

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L’abattoir Colbex-Levinoff, situé à Saint-Cyrille-de-Wendover, non loin de Drummondville, est le seul abattoir de bovins de la province. Le gouvernement du Québec avait injecté 50 millions de dollars en 2005 pour l’acquérir. L’usine est financée, entre autres, par les cotisations des membres à l’Union des producteurs agricoles. Plusieurs se demandent encore pourquoi le provincial n’a pas opté, en 2005, pour la construction d’un nouvel abattoir.

Colbex, c’est aussi – et surtout – un abattoir qui a fait les manchettes à maintes reprises pour ses difficultés financières, ce qui a provoqué la colère des producteurs bovins qui en dénonçaient la mauvaise gestion. Depuis plusieurs années, le conseil d’administration présente un budget annuel déficitaire. Les producteurs déplorent aussi les coûts élevés pour l’abattage des animaux et le monopole exercé par la FPBQ. La rumeur voulant que le gouvernement ait eu des discussions avec le secteur privé est belle et bien vraie. Du côté d’Olymel, on admet avoir eu des pourparlers relativement à l’achat de l’abattoir Colbex, mais l’information selon laquelle la vente a déjà eu lieu a été fermement démentie.« Nous avons eu des discussions avec des représentants du gouvernement et des gens de l’abattoir Colbex. Pour le moment, il n’y a aucune transaction. Certains éléments manquaient pour en venir à une entente », a fait savoir le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault. Actuellement, Olymel, qui compte plus de 1 500 employés dans la MRC des Maskoutains, oeuvre dans la production de porcs et de volailles. Il s’agirait donc d’un nouveau marché vers lequel l’entreprise se tournerait, soit la production et la mise en marché de produits bovins. Le président de l’Union paysanne, Benoit Girouard, questionne vertement le possible achat de l’abattoir par Olymel. « C’est un gouffre financier sans fin. À ce jour, les producteurs bovins ont financé une structure fantôme qui est sur le point d’éclater. Ils [l’UPA et la FPBQ] tentent de vendre l’abattoir sans même avoir le mandat des producteurs », a-t-il indiqué, en entrevue au COURRIER. M. Girouard se demande qui va financer le rachat de Colbex par une entreprise privée. « Qui va supporter les dettes de l’abattoir? Le contribuable québécois, les producteurs ou le privé? »L’Union paysanne déplore le fait que l’usine de Saint-Cyrille soit le seul lieu pour abattre des bovins au Québec. Cela représente des frais exorbitants de transport pour les producteurs éloignés, estime M. Girouard.« Nous ne voulons pas que le producteur devienne le dindon de la farce dans toute cette histoire », a-t-il ajouté.

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