5 novembre 2015
Centre de congrès et hôtel
Des taxes foncières pour rembourser l’emprunt
Par: Jean-Luc Lorry
Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil; le directeur du Service des finances, Michel Tardif, et le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil; le directeur du Service des finances, Michel Tardif, et le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe compte ­injecter au minimum 20 M$ dans un centre de congrès clés en main qu’elle prévoit rembourser sur 20 ans par les taxes foncières qui seront générées par le futur édifice et l’hôtel haut de gamme.

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Même si le centre de congrès sera de ­propriété municipale, la Loi permet en ­effet à la Ville d’en tirer des revenus de taxes foncières puisque sa gestion sera ­assumée par un opérateur privé. Elle ­évalue à 8,2 M$ les revenus de taxes qui ­seront engendrés par le centre de congrès et à 10,9 M$, ceux de l’hôtel.

Rappelons que l’entreprise Les centres d’achats Beauward, propriétaire des ­Galeries St-Hyacinthe, s’est engagée à ­investir au moins 25 M$ dans la construction d’un hôtel quatre étoiles et à ­consacrer 4,5 M$ dans la construction d’un stationnement intérieur comptant au minimum 150 cases.

Le complexe hôtelier sera érigé sur le site des Galeries St-Hyacinthe sur lequel un terrain est mis à disposition de la Ville pour son centre de congrès. Les deux parties seront liées par un bail de 40 ans au terme duquel le tout pourrait revenir à Beauward.

Règlement d’emprunt

Avant d’adopter un règlement d’emprunt d’environ 15 M$ en décembre, la Ville doit d’abord convaincre les citoyens du ­bien-fondé pour une municipalité de s’impliquer autant dans ce type ­d’infrastructure.

À cette fin, les autorités municipales tiendront une soirée d’information le 17 novembre, à 19 h, au Centre des arts ­Juliette-Lassonde. « Nous avons tellement investi sur ce projet que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer notre coup », a indiqué sans détour le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil.

En début de semaine, le premier magistrat, accompagné du directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, et du directeur du Service des finances, Michel Tardif, avait exposé au COURRIER le cadre financier provisoire du centre de congrès.

Sans connaître encore le coût définitif de cet ambitieux projet, M. Bilodeau a assuré que l’investissement tournera autour de 20 M$. Peut-être un peu plus.

Dans le cas où la Ville dépenserait le montant prévu de 20 M$, la municipalité compte rembourser de manière anticipée une somme de 5 M$ grâce à d’éventuelles subventions ou en puisant dans ses ­réserves actuelles par appropriation.

En plus de financer intégralement la construction du centre de congrès, son mobilier et ses équipements, la Ville devra aussi assumer des mises à niveau de ­l’édifice de l’ordre de 2,7 M$ sur une ­période de 20 ans.

Opérateur commun

La Ville et Beauward devront s’entendre sur le choix de opérateur privé qui assumera conjointement la gestion du centre de congrès et de l’hôtel.

La Ville évalue à 29,5 M$ sur 20 ans (1,4 M$ en moyenne par année) les ­revenus de taxes et d’opérations qui seront générés par le centre de congrès. Toutefois, les ­premières années d’exercice risquent d’être déficitaires. Ce manque à gagner devra être assumé par le futur ­gestionnaire.

Dans cette perspective, les autorités ­municipales n’excluent pas la possibilité d’accorder à l’opérateur un cautionnement en cas de besoin à l’étape du démarrage.

« Comme notre région est bien positionnée pour le tourisme d’affaires, nous ­devrions sortir du rouge dès 2019 », a ­souligné le directeur général de la Ville.

Si l’on se fie à l’échéancier, l’ouverture du complexe hôtelier est prévue à l’automne 2017. D’ici là, le milieu maskoutain devra composer avec des pertes estimées à 70 M$ depuis la fermeture de l’Hôtel des Seigneurs et de son centre des congrès et d’expositions en décembre 2013. La Ville s’attend à ce que le futur établissement ­hôtelier attire à Saint-Hyacinthe plus de 300 000 congressistes par année et qu’il ­génère jusqu’à un milliard en retombées économiques sur 40 ans.

« Saint-Hyacinthe est assis sur une mine d’or en matière de congrès. Et ce, malgré une vive concurrence », a conclu M. Bilodeau avec conviction.

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