19 avril 2012
Culture et affaires
Des torts partagés
Par: Martin Bourassa

Revenons en quelques lignes sur la récente sortie conjointe de la Société de développement centre-ville (SDC) et de la Société de diffusion de spectacles (SDS) à l’endroit de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Revenons en quelques lignes sur la récente sortie conjointe de la Société de développement centre-ville (SDC) et de la Société de diffusion de spectacles (SDS) à l’endroit de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Ces gens en ont gros sur le coeur. Il est assez inhabituel, à Saint-Hyacinthe du moins, d’entendre un groupe à vocation économique remettre en question une décision municipale. Encore plus rare si le groupe en question retire une part de son financement de cette administration. Mais visiblement, la décision de déménager les organismes culturels au couvent de la Métairie ne passe pas. Et ils l’ont fait savoir de belle façon en conviant les médias et les sympathisants dans un centre des arts qui reçoit également une partie de son financement annuel de la Ville de Saint-Hyacinthe. Rouspéter contre la Ville et la main qui nous nourrit en partie est une chose. Le faire sous son nez, chapeau! C’est réconfortant de savoir que malgré tout la SDC et la SDS osent ruer dans les brancards quand il le faut. Mais encore faut-il avoir le sens du timing. On dira avec raison que ces contestataires se réveillent tardivement, mais on soupçonne les leaders du groupe de s’être fait endormir en cours de route par de belles paroles rassurantes provenant de l’Hôtel de Ville. Ils vont apprendre et sans doute retenir la leçon. Ils auraient quand même intérêt à suivre quelques cours de lobbying et de communication stratégique 101.Dans ce dossier controversé, la Ville mérite quelques blâmes bien sentis.On ne reviendra pas sur l’erreur de préserver le couvent, erreur qui a ouvert la porte à une série d’erreurs à la chaîne. Mais dans le domaine des relations publiques et de l’image, la Ville ne gagnera pas un prix elle non plus. En refusant de recevoir les représentants de la SDC, elle n’a fait qu’exacerber leur frustration.La Ville aurait sans doute évité quelques taloches en prenant quelques minutes pour écouter les revendications des commerçants et pour défendre son projet.On se doute bien que la Ville n’aurait pas reculé pour autant, mais elle aurait au moins donné l’impression de se soucier de l’opinion d’un groupe qui se démène pour oxygéner le centre-ville. Au lieu de ça, on a l’impression qu’un petit fossé est en train de se creuser entre l’Hôtel de ville et le centre-ville. Ce n’est pas bon pour personne.Et en fin de compte, la décision de pousser le culturel vers la Métairie déçoit doublement dans la mesure où elle réduit la vocation du Centre des arts à un simple lieu de diffusion et non un lieu de création et de bouillonnement artistiques comme espéré à l’origine. La venue des organismes culturels lui aurait permis de s’affranchir de cette image réductrice de salle de spectacles. Cette bouffée d’air frais aurait pu être aussi profitable au centre-ville qu’au Centre des arts finalement. Le résultat est certes décevant à plus d’un égard, mais c’est malheureusement ce qui arrive quand on laisse les élus improviser et gérer à la petite semaine, au gré des dossiers et des priorités de chacun.

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