7 août 2014
Stationnement
Destination parcomètre
Par: Martin Bourassa
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D’aussi loin que je me souvienne, la question du stationnement a toujours été sensible à Saint-Hyacinthe, en particulier au centre-ville. Pas assez de cases, trop de parcomètres ou trop de commerçants ou d’employés garés à proximité des places d’affaires, au détriment de la clientèle. Il y a à peu près juste la question de la tarification abordable qui semblait faire l’unanimité à 25 cennes la demi-heure ainsi que la gratuité les week-ends et les jours fériés.

Mais voilà que la Ville de Saint-Hyacinthe a décidé, en pleines vacances de la construction et avant que le règlement passe au conseil, de bouleverser les habitudes. Dans une stratégie de modernisation des vieux parcomètres, la Ville a annoncé l’imposition d’un tarif de stationnement uniforme fixé à 1 $ l’heure, la fin de la gratuité les week-ends ainsi que la transformation de 275 cases de stationnement. Ces dernières passeront de gratuites à payantes à partir du 4 octobre autour du centre-ville.

Pour justifier le tout, la Ville parle de son obligation de trouver de nouvelles sources de revenus afin de poursuivre son développement. À ce chapitre, les modifications annoncées pour les stationnements représentent des revenus additionnels estimés à 600 000 $ par année, sans parler des revenus tirés des contraventions supplémentaires qui risquent également d’engraisser les coffres municipaux. Pour faire passer la pilule, la Ville mentionne que la gratuité demeurera dans les stationnements publics, sur la rue des Cascades et autour du Marché public. C’est trop de bonté, merci! Le contraire aurait assurément été le signal de départ d’une troisième guerre mondiale.

Même si la Société de développement du centre-ville a été associée au processus, il est difficile d’interpréter les changements annoncés comme une bonne nouvelle pour notre centre-ville. Il s’agit clairement d’un irritant. Un irritant qui ne devrait pas tuer le centre-ville certes, mais un facteur qui ne contribuera pas à accroître son pouvoir d’attraction et sa popularité auprès de la clientèle. Loin d’être convaincu que le fait de ne plus permettre la gratuité tout le week-end contribuera à augmenter l’expérience magasinage des Maskoutains et des consommateurs de passage.

Même si la Société de développement du centre-ville a été associée au processus, il est difficile d’interpréter les changements annoncés comme une bonne nouvelle pour notre centre-ville. Il s’agit clairement d’un irritant. Un irritant qui ne devrait pas tuer le centre-ville certes, mais un facteur qui ne contribuera pas à accroître son pouvoir d’attraction et sa popularité auprès de la clientèle. Loin d’être convaincu que le fait de ne plus permettre la gratuité tout le week-end contribuera à augmenter l’expérience magasinage des Maskoutains et des consommateurs de passage.

Dans la liste des pour et des contre qui militent en faveur du centre-ville comme destination commerciale intéressante, on vient d’allonger inutilement la colonne de droite. On imagine déjà de possibles campagnes publicitaires des Galeries St-Hyacinthe ou du Complexe M du genre : « Ici, c’est gratuit! » ou encore « Beau temps, mauvais temps, c’est gratuit! ». Je doute fort que la cote d’appréciation de la Ville augmente en flèche au centre-ville qui, depuis quelques années, se sent déjà incompris et délaissé par les autorités municipales. Celles-ci peinent drôlement à rétablir le dialogue et à instaurer des mesures propres à y apporter de l’oxygène.

Après l’épisode de la Métairie, celui des parcomètres creuse ce fossé davantage. Mais comme les commerçants du centre-ville n’ont pas l’habitude des grandes manifestations de solidarité quand vient le temps de monter aux barricades, la Ville a beau jeu et elle le sait. Elle se dit que la grogne sera de courte durée et qu’on en parlera plus à la rentrée.

Si on ne peut pas blâmer la Ville de Saint-Hyacinthe de vouloir accroître ses revenus par tous les moyens faciles et imaginables (il n’y a rien de plus facile que d’ajouter des parcomètres et de hausser les tarifs), il est quand même permis de s’interroger sur les moyens qu’elle prend pour freiner et contrôler ses dépenses. Lors de l’adoption du budget municipal en décembre, aucun département n’a été mis au régime sec.

Il est quand même paradoxal de penser que la Ville dépense une bonne somme dans une campagne d’image pour attirer les gens à Saint-Hyacinthe et qu’en contrepartie elle lance des initiatives pour les éloigner de son centre-ville.

À vue de nez, c’est un peu contre-productif tout cela.

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