21 mai 2020
Dans la région maskoutaine
Deux accidents avec des camions de protection de chantier en deux semaines
Par: Olivier Dénommée

On dénombre au moins deux accidents nocturnes impliquant un camion de protection de chantier depuis le début du mois, dont l’un est survenu le 14 mai (sur la photo) sur le territoire maskoutain de l’autoroute 20. Photo Adam Bolestridge

Deux accidents similaires sont survenus sur l’autoroute 20 dans les dernières semaines, à quelques kilomètres de distance. Les deux cas sont survenus la nuit et impliquaient un véhicule qui est entré en collision avec un camion assignateur de chantier muni d’un atténuateur d’impact.

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Un premier accident s’est produit le mardi 5 mai vers 22 h 30 à la hauteur du kilomètre 145 en direction ouest : le véhicule est entré en collision avec le camion de protection de chantier qui se trouvait sur la voie de gauche. Le véhicule a été lourdement endommagé, mais personne n’a été blessé. Le second accident s’est produit le 14 mai peu après minuit, cette fois en direction est à la hauteur du kilomètre 147, où une voiture a apparemment foncé dans le camion de protection de chantier situé sur la voie de gauche. Si le conducteur du véhicule n’a pas été blessé, celui qui se trouvait dans le camion a subi des blessures légères et a été conduit au centre hospitalier.

Dans les deux cas, la Sûreté du Québec ne rapporte aucune arrestation.

Loi peu appliquée

Questionné au sujet de ces deux accidents presque identiques survenus dans ce secteur à neuf jours d’intervalle, le président de l’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ), Jean-François Dionne, n’hésite pas à dénoncer le peu de respect qu’accordent la population et les corps policiers aux signaleurs de chantier. « Ça fait des années qu’on essaie de sensibiliser le ministère des Transports du Québec et la Sûreté du Québec, mais on a toujours un accident du genre par semaine au Québec. Les gens ne sont pas au courant que l’article sur le corridor de sécurité inclut aussi les camions de protection et la police hésite à donner des contraventions, alors qu’elle a le pouvoir de le faire. »

Pour M. Dionne, il est « impossible » que les deux accidents récents aient été causés parce que les camions assignateurs de chantier n’étaient pas assez visibles pour être évités. Il pointe du doigt la fatigue au volant, la distraction et le peu de respect dont certains font preuve face aux signaleurs – particulièrement la nuit où 90 % de ces accidents se produisent, selon lui. « Certains font même exprès pour frôler les signaleurs et leurs véhicules. Il faut vraiment que la SQ soit plus sévère sur la question du corridor de sécurité, sinon on va en arriver un jour à forcer la fermeture complète des routes pour pouvoir réaliser nos travaux routiers de façon sécuritaire. »

Rappelons que, selon un article du Code de la sécurité routière entré en vigueur en août 2012, « lorsqu’un véhicule d’urgence, une dépanneuse ou un véhicule de surveillance est immobilisé et que sa flèche jaune lumineuse, ses gyrophares ou ses feux clignotants sont actionnés, le conducteur qui s’apprête à le dépasser doit respecter un corridor de sécurité. Il doit ralentir et s’éloigner le plus possible du véhicule immobilisé, après s’être assuré de pouvoir le faire sans danger ». Un non-respect de cette mesure peut se traduire par une amende de 200 à 300 $ et quatre points d’inaptitude.

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