29 octobre 2015
Devoirs et leçons
Par: Martin Bourassa
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Comme annoncé, les enseignants maskoutains ont fait la grève hier mercredi dans l’espoir d’inciter le gouvernement à faire preuve de plus d’ouverture et de générosité envers eux à la table des négociations.

C’est la démonstration la plus visible de tous les petits moyens de pression qu’ils déploient à l’école depuis la rentrée des classes. Par endroits, on a coupé dans les activités spéciales et parascolaires, on a réduit de quelques minutes la durée des cours, prolongé la durée des récréations, coupé dans les récupérations du midi, etc. Autant de mesures invisibles du grand public qui affectent pourtant ­directement les enfants, leur réussite et leur motivation, tout comme le travail des enseignants. N’en doutez pas, ces moyens de pression multiples et internes n’ont ­absolument aucun impact sur le gouvernement; bien davantage sur vos enfants.D’où la nécessité de la visibilité que procurent les grèves rotatives. Une première journée de débrayage a touché Saint-Hyacinthe et d’autres pourraient s’ajouter.Jusqu’ici, les profs jouissent de la ­sympathie d’une bonne partie de la ­population. On a vu des gens faire des ­ribambelles autour des écoles. Sur les ­réseaux sociaux et dans les médias, les messages d’appui sont nombreux. Mais seront-ils éternels si les moyens de ­pression persistent? Il est permis d’en douter. Ne devrait-on pas plutôt considérer l’éducation comme un service ­essentiel et interdire le droit de grève?

D’où la nécessité de la visibilité que procurent les grèves rotatives. Une première journée de débrayage a touché Saint-Hyacinthe et d’autres pourraient s’ajouter.

Jusqu’ici, les profs jouissent de la ­sympathie d’une bonne partie de la ­population. On a vu des gens faire des ­ribambelles autour des écoles. Sur les ­réseaux sociaux et dans les médias, les messages d’appui sont nombreux. Mais seront-ils éternels si les moyens de ­pression persistent? Il est permis d’en douter. Ne devrait-on pas plutôt considérer l’éducation comme un service ­essentiel et interdire le droit de grève?

Sur le fond, il est bien difficile de ne pas être sympathiques à la cause des enseignants. L’éducation est une priorité et nul ne peut plus nier que ce secteur a souffert des coupes et de l’austérité. Plus qu’un autre secteur névralgique? Cela, ça reste à voir. Aussi, on ne peut qu’être d’accord avec les enseignants quand ils s’opposent à l’augmentation du nombre d’élèves dans les classes du primaire et du secondaire, ou à toute mesure qui viendrait alourdir leur tâche de travail actuelle et nuire aux élèves en difficultés.

Heureusement, Québec aurait justement abandonné quelques demandes, dont celles d’augmenter de 32 à 35 heures la ­semaine de travail des enseignants et d’augmenter le ratio maître-élèves à la fin du primaire. Ironiquement, tous les ­en­seignants que nous connaissons n’ont pas l’impression d’être payés à l’heure de toute façon, mais plutôt à la semaine. Et de ne pas être payés assez pour cette dure ­semaine.

La question salariale est justement le nerf de la guerre, comme toujours. Québec offre deux ans de gel salarial, puis 1 % d’augmentation pendant trois ans, jusqu’en 2019.

Les enseignants réclament de leur côté 13,5 % sur trois ans. Un fossé énorme.

Sans se tromper, il est facile de prédire que les enseignants ne gagneront pas leur combat au plan salarial. Ce n’est pas tant une question de mérite que de logique budgétaire et de capacité de payer. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’ils ­profitent d’un généreux fonds de pension indexé à la sortie, contrairement à la majorité des travailleurs qui n’ont pas le luxe de faire l’école buissonnière ou des grèves ­rotatives. Oui, nous sommes solidaires des profs, mais pas à n’importe quel prix.

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