23 mars 2017
Sainte-Marie-Madeleine
Directrice embauchée dans la cohue
Par: Benoit Lapierre
Le conseil municipal de Sainte-Marie-Madeleine a vécu une autre rencontre houleuse le 13 mars.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le conseil municipal de Sainte-Marie-Madeleine a vécu une autre rencontre houleuse le 13 mars. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Une fois de plus, le conseil municipal de la Paroisse de Sainte-Marie-Madeleine a siégé dans le tumulte le 13 mars alors que, réuni en séance extraordinaire à la caserne des pompiers de Sainte-Madeleine, il devait procéder à une embauche à la direction générale de la municipalité.

Publicité
Activer le son

Le poste était devenu vacant au moment du départ définitif de Ginette Daigle, laquelle avait dû remettre sa démission au conseil au début de 2017 au terme d’un long congé de maladie. Le comité de sélection, qui était formé des conseillers Patrice Barbot, Chantal Bernatchez et Daniel Choquette, a recommandé l’embauche de Lucie Paquette, qui était l’adjointe de Mme Daigle et qui assurait l’intérim à la direction générale.

L’affaire a fait des mécontents parmi la vingtaine de citoyens venus assister à la séance, plusieurs ayant conclu à un travail bâclé de la part du comité. Celui-ci avait examiné 22 candidatures avant d’inviter quatre postulants aux entrevues. « Ça ne valait pas cher la livre. Il n’y en avait pas beaucoup qui avaient les qualités requises pour travailler dans une municipalité », a soutenu la conseillère Cadieux, durant une interminable période des questions.

Le maire Simon Lacombe a bien tenté de limiter à 15 minutes les interventions du public, mais il n’y est pas parvenu, même en usant de son marteau de président d’assemblée. Les membres du comité de sélection ont donc subi un feu nourri de questions durant plus d’une heure. Les conseillers Jean-Guy Chassé et Gilles Carpentier y ont ajouté leur grain de sel.

« Ici, c’est toujours la chaise musicale (dans les nominations à la direction générale), et on avait dit qu’on ne ferait plus ça », a déclaré le conseiller Chassé. Comme son collègue Carpentier, il s’est plaint de n’avoir reçu le projet de contrat d’engagement de Mme Paquette que juste avant l’ouverture de la réunion. « On n’est pas prêt à prendre une décision ce soir », a-t-il ajouté. 

Voyant apparaître le document en question, une dame s’est levée pour aller s’en emparer et en faire la lecture à l’assistance, au beau milieu de cette réunion bruyante qui a tourné au burlesque. À un certain moment, quelqu’un a même frappé sur une case métallique pour demander la parole, à travers la cohue. Le maire Lacombe a aussitôt répliqué à cette impolitesse en demandant l’assistance de la police. « Il y en a qui fesse sur le matériel! », a-t-il expliqué au téléphone. La réunion s’est donc terminée sous la surveillance de deux policiers de la Sûreté du Québec…

Au bout d’une heure, voulant en finir, le maire Lacombe a demandé le vote sur la recommandation du comité, et Mme Paquette a été embauchée, par quatre voix contre trois. Son contrat de travail couvre la période du 14 mars au 31 décembre 2017. Elle touchera un salaire de 42 $ l’heure pour une semaine de travail de 32 heures, ce qui correspond à 70 000 $ sur une base annuelle. Étonnamment, le conseiller Choquette a voté contre l’embauche de Mme Paquette, tout comme ses collègues Chassé et Carpentier.

Les candidats les plus qualifiés, dont un avocat, demandaient des salaires variant entre 85 000 $ et 95 000 $, avait révélé plus tôt Daniel Choquette. « Il y avait aussi un urbaniste à 83 500 $, et vous l’avez refusé. Il m’avait été recommandé par le MAMOT (ministère des Affaires municipales) », a répliqué Gilles Carpentier, intervention qui a fait bondir Patrice Barbot. « Carpentier veut détruire le travail du comité! », a lancé le conseiller Barbot.

Dans son appel de candidatures, la municipalité disait rechercher des candidats détenant un diplôme universitaire ou collégial en administration ou dans une discipline connexe, etpossédant au moins cinq années d’expérience dans le domaine municipal. À ce propos, rien n’a transpiré quant aux compétences de Lucie Paquette. On sait seulement qu’avant d’être engagée à Sainte-Marie-Madeleine, elle avait travaillé à la municipalité de Saint-Valérien-de-Milton au milieu des années 1980. En avril 1989, en Cour du Québec, elle avait été reconnue coupable de s’être octroyé un salaire additionnel de 6631 $ en puisant dans le compte général de la municipalité. Une plainte avait été déposée au ministère des Affaires municipales pour ce geste remontant à 1986. Elle avait été condamnée à rembourser une somme de 11 800 $, couvrant aussi des frais de vérification comptable et des déductions à la source, comme l’avait rapporté LE COURRIER dans ses pages. Le conseiller Carpentier a révélé qu’il avait reçu chez lui, dans un envoi anonyme, une copie de la coupure de journal en question.

« Ça fait 30 ans de ça et là, ce serait dérangeant? », a voulu tempérer le conseiller Barbot.

« Je n’ai aucun antécédent judiciaire », a affirmé quant à elle Lucie Paquette, qui agissait comme secrétaire à cette séance dont le principal point la concernait directement.

image