18 janvier 2018
Discorde au conseil autour d’une balustrade
Par: Rémi Léonard
Cette section de la terrasse Louis-Côté sera prolongée à l’endroit où se trouve présentement la clôture, jusqu’à la maison privée en arrière-plan. Il s’agit d’ailleurs de l’ancienne résidence de T.D. Bouchard, a fait remarquer le conseiller Bousquet. François Larivière | Le Courrier ©

Cette section de la terrasse Louis-Côté sera prolongée à l’endroit où se trouve présentement la clôture, jusqu’à la maison privée en arrière-plan. Il s’agit d’ailleurs de l’ancienne résidence de T.D. Bouchard, a fait remarquer le conseiller Bousquet. François Larivière | Le Courrier ©

Un contrat en apparence banal pour le prolongement de la balustrade de la terrasse Louis-Côté a suscité une contestation inhabituelle ce lundi au sein du conseil municipal de Saint-Hyacinthe. Trois conseillers sur onze se sont opposés à l’octroi du contrat en raison de son coût : 416 725 $

Les travaux en question visent à renforcer le mur de soutènement et à prolonger la balustrade qui longe la rivière Yamaska, près de la Porte des anciens Maires, d’une soixantaine de pieds vers l’est. Il s’agit d’une section qui n’avait pas été réalisée lors de précédents travaux en 2013, où la même opération avait été effectuée au coût de 1,3 M$ (pour une section à peu près trois fois plus longue).
Cette fois, l’ampleur de la facture a toutefois fait bondir des élus. « Un demi-million pour une balustrade décorative […], nous n’avons pas les mêmes priorités », a lancé la conseillère Linda Roy, en rappelant que la moitié de la somme n’était pas prévue au budget. Ses collègues Pierre Thériault et Donald Côté sont arrivés au même raisonnement et ont aussi voté contre la motion. « Cette balustrade n’est pas une urgence à réaliser. Le 416 000 $ pourrait être octroyé ailleurs » a exprimé M. Thériault.
« Ce montant-là pour une balustrade d’à peine soixante pieds, c’est exorbitant. On ne nous a pas présenté suffisamment d’alternatives pour l’aspect esthétique, et l’aspect sécuritaire est déjà couvert », a renchéri le conseiller de Saint-Rosalie.
Après les travaux de 2013, une simple clôture verte avait en effet été installée à cet endroit et des pierres ont été posées au sol pour qu’une éventuelle sortie de route ne se termine pas dans la rivière. Le projet en était resté là.
Maintenant ou jamais?
Plus récemment, la Ville a toutefois reçu une soumission en deçà de ses estimations, a indiqué le maire Claude Corbeil, ce qui l’a convaincu qu’il fallait finir le travail entamé il y a quatre ans. Le maire reconnaît d’emblée que la somme est élevée pour la longueur concernée, mais l’enjeu n’est pas qu’esthétique, a-t-il cependant précisé. « Si on ne fait rien maintenant et que le mur doit être réparé dans 15 ans, ça va coûter encore plus cher. Il faut finir la job », a soutenu Claude Corbeil en rappelant que le mur de soutènement sera doublé.
Le conseiller David Bousquet s’est également porté à la défense du projet. « C’est une terrasse qui est située dans le parc le plus prestigieux, le plus photographié de la Ville, là où se situe la Porte des Maires », a-t-il avancé pour justifier le parachèvement des travaux. D’après son expérience en politique municipale, « si on ne le fait pas maintenant, ça va être très long avant que ça se fasse », a-t-il averti.
Lui et les sept autres conseillers ont ainsi voté pour l’octroi du contrat à l’entreprise Construction BSL, de Saint-Augustin-de-Desmaures, et le projet ira donc de l’avant dès cet hiver. « C’est rare que j’ai vu trois [votes] contre », a reconnu le maire, admettant que le conseil avait eu une « une bonne discussion » au plénier précédent. 

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