25 août 2011
DMS St-Pie : enfin
Par: Martin Bourassa

Le ministre de l’Environnement Pierre Arcand a fini par perdre patience dans le dossier du dépôt de matériaux secs de Saint-Pie, un site entre autres exploité par l’entreprise maskoutaine Transport Raynald Boulay.

Le ministre de l’Environnement Pierre Arcand a fini par perdre patience dans le dossier du dépôt de matériaux secs de Saint-Pie, un site entre autres exploité par l’entreprise maskoutaine Transport Raynald Boulay.

Le ministre vient de mettre ses culottes et de hausser le ton en imposant pas moins de 14 conditions à l’endroit des propriétaires du DMS St-Pie. L’ordonnance du 10 août leur impose la marche à suivre pour fermer le site et s’assurer qu’il ne pollue plus son milieu par des rejets toxiques dans l’eau et dans l’air.En matière de pollueur, le DMS est ce que l’on peut appeler un multirécidiviste. Il y a des années que le site est une nuisance environnementale. Et malgré tous les avertissements, les exploitants n’ont jamais corrigé le tir, ou si peu.Il y a bien eu des tentatives ou des promesses de tentatives, mais rien de bien efficace. Une odeur de mauvaise foi se dégage d’ailleurs de l’ordonnance ministérielle. Et le récit des diverses inspections effectuées au fil des ans est à l’image du lixiviat que produit le site et qui s’écoule en direction du ruisseau de la Cenelle : il ne sent pas bon et lève le coeur. « Plusieurs avis d’infractions ont été transmis (…) notamment pour rejets de contaminants dans l’environnement et pour non-respect des autorisations accordées, et ce, de façon systématique après chacune des inspections permettant de constater de tels manquements. Les trop nombreuses contraventions nous empêchent d’en faire un relevé exhaustif », peut-on lire dans l’ordonnance du ministre.C’est même à se demander pourquoi le ministère de l’Environnement a tant tardé à mettre les propriétaires au pas. En octobre 2010, Raynald Boulay a plaidé coupable à des infractions environnementales relatives à des incidents survenus à Saint-Pie en mai 2007, puis en janvier et en mars 2008. A-t-il fait de la prison? Pensez-vous? L’entreprise et M. Boulay ont reçu des amendes totalisant 10 800 $.Oui 10 800 $ d’amende pour avoir entre autres « permis le rejet d’un contaminant, soit des eaux contenant du formaldéhyde, dont la présence dans l’environnement est susceptible de porter atteinte à la vie et à la santé de l’être humain. »Faut-il se surprendre que d’autres infractions aient été relevées ces dernières années et ces derniers mois spécialement au DMS St-Pie? De toute évidence, les mécanismes en place n’ont jamais réussi à faire réfléchir les exploitants visés.Les sanctions ou les pénalités n’ont eu aucun effet dissuasif sérieux. Et tout le processus de sanction avant la condamnation a été beaucoup trop long.Le noeud du problème est là. La Loi sur la qualité de l’environnement n’a pas de mordant, elle n’effraie pas les pollueurs et affecte trop peu leur portefeuille. Si on commençait par multiplier par 10 ou par 20 le montant des amendes, ce serait déjà un pas. Car tant et aussi longtemps qu’il sera plus payant pour un exploitant de polluer que de s’assurer que ses opérations se déroulent selon les règles imposées par les autorités, il y aura des gens pour se moquer de l’environnement.

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