12 décembre 2013
Don de soi, grandeur d’âme et gratitude
Par: Denyse Bégin
Sr Juliette Vadnais et Sr Jocelyne Allard

Sr Juliette Vadnais et Sr Jocelyne Allard

La communauté des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe a vu le jour pour que des enfants, peu importe le statut économique de leur parent, puissent être instruits.

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Encore aujourd’hui, des causes bénéficient de leur générosité et des individus de leur soutien, notamment par la prière.

« Les fondatrices de la communauté ont vécu dans la pauvreté et le dénuement pendant quelques années. Elles ont eu besoin des autres pour manger et se loger », raconte soeur Jocelyne Allard. La foi chrétienne est au coeur de l’empathie des religieuses envers les démunis et de leur générosité, mais le fait d’avoir vécu des moments difficiles, comme communauté, les a aussi rendues plus réceptives au monde qui les entoure, selon soeur Jocelyne. En plus d’avoir formé des milliers de jeunes élèves pendant de nombreuses décennies, les Soeurs de Saint-Joseph ont contribué à la mise sur pied de quelques organismes communautaires maskoutains, reflets des valeurs de partage, d’empathie et de générosité qui étaient les leurs : le Centre de bénévolat, le Centre Louise-Bibeau, l’APAJ, etc. « Notre souci de partager avec les autres s’enracine dans la Bible et dans notre baptême, indique soeur Jocelyne qui ouvre sa Bible devant moi et lit un extrait de l’évangile selon saint Matthieu, chapitre 25 : « (…) car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé, etc. » »

Liens de sang, liens sensibles

Sœur Juliette Vadnais, 87 ans, est originaire de Saint-Nazaire. Dans sa famille qui comptait onze enfants, six filles sont devenues religieuses chez les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Cette belle dame remplie de tendresse me fait verser quelques larmes lorsqu’elle parle de son travail auprès des handicapés de l’arc-en-ciel, l’ancêtre du Centre Louise-Bibeau, ou de sa « petite soeur » de 80 ans qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer, ce qui fait en sorte qu’elles ne vivent plus sous le même toit depuis quelques mois et ce qui la désole au plus haut point.

Pour atténuer sa peine, soeur Juliette passe beaucoup de temps auprès des malades à l’infirmerie de la communauté. « Ces soeurs affaiblies, je les regarde et les écoute, et je leur raconte toutes sortes de choses. Je réfléchis avec elles au chemin qu’elles ont parcouru. Je leur dis qu’elles sont belles. Je souhaite les anoblir. Certaines d’entre elles ont enseigné pendant plus de 40 ans… ce n’est pas rien!, s’exclame cette grande âme, qui poursuit aussitôt : « Pour elles, j’effeuille symboliquement une marguerite et je leur dis : je t’aime un peu, beaucoup, à la folie et cette folie, c’est le bon Dieu qui s’exprime. Il est tout, il est amour et un amour infini. Je leur dis d’être fières, à chacune d’entre elles. Je leur répète souvent : il n’y a personne qui a réalisé ce que toi tu as fait dans la vie. » Soeur Juliette explique son intérêt profond pour les autres et la nécessité de les valoriser par le désert qu’elle a traversé pendant au moins 10 ans de sa vie. « Mon passe-partout, c’était « je ne suis pas capable », alors quand j’ai enfin cessé de penser comme ça, j’ai voulu aider les autres. » « En somme, ce que nous nous efforçons de faire, mentionne soeur Jocelyne, c’est de donner au suivant, tout simplement et nous nous rappelons ces paroles de Jésus : « je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Et ainsi, nous sommes comblées! », affirme la religieuse, souriante. « La gratitude est un mouvement hors de soi, vers l’autre, qui nous met dans une relation d’alter ego, nous anoblit et nous élève. »

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