5 décembre 2013
Dre Catherine Vincent sous les projecteurs
Par: Le Courrier

Le Cercle honorifique de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe compte depuis le 18 novembre un nouveau nom qui fait honneur au système scolaire public maskoutain. Dre Catherine Vincent, une médecin spécialiste en hépatologie et en gastro-entérologie, a fréquenté tour à tour l’école primaire de Saint-Simon, la Polyvalente Hyacinthe-Delorme et le Cégep de Saint-Hyacinthe. Puis, sa spécialisation à l’Université de Montréal et sa formation postdoctorale en France complétées, elle s’est consacrée à son tour au public.

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Le 18 novembre, votre nom s’est ajouté au Cercle honorifique de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe à titre d’ancienne élève s’étant illustrée dans son domaine d’expertise. Que retenez-vous de votre passage dans les écoles de la Commission scolaire?

Je venais d’un petit milieu. L’école primaire à Saint-Simon, c’était tout petit. Au secondaire, j’ai d’abord passé deux ans à l’école privée et je n’ai pas aimé ça. Je trouvais que c’était trop homogène et qu’il n’y avait pas vraiment de diversité. Quand je suis arrivée à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme, il y avait plein de monde différent et c’est ce que j’ai tout de suite trouvé stimulant. J’y ai développé des amitiés qui durent encore aujourd’hui. J’aimais le fait qu’il n’y avait pas de groupe fixe et que chaque cours était l’occasion de se retrouver entouré de nouvelles personnes que je n’aurais pas eu la chance de connaître autrement. Dans la vie, c’est comme ça. On côtoie des gens différents tous les jours. Les années au secondaire, c’est le moment pour être exposé à des gens, des idées et des réalités différentes. C’est le moment pour voir la diversité à tous les niveaux et s’orienter vers ce qu’on est et ce qu’on aime.

Vos enfants fréquenteront-ils l’école privée ou publique? Auront-ils le choix?

Ils n’auront pas le choix et ils iront à l’école publique. L’école privée se fait beaucoup de publicité avec les profils particuliers, mais le vrai parcours de vie, c’est la diversité. Il faut vivre avec tout le monde dans la société. Le moment privilégié pour s’ouvrir les yeux sur le monde, c’est à l’école. Une fois au travail, on se retrouve avec des gens qui nous ressemblent probablement trop. L’école publique, c’est l’occasion de cultiver le vivre ensemble à un moment unique dans la vie, c’est-à-dire celui où l’on se définit. C’est cette pluralité qui rend l’école publique unique.

Vous enseignez vous-même à des étudiants en médecine. Qu’est-ce qui vous a mené à participer à la formation de la relève?

C’est l’une des vocations du CHUM de former les résidents à devenir des médecins spécialistes ou généralistes. Ça faisait donc partie de mon travail quotidien de faire de l’enseignement auprès des résidents. Je me suis ensuite engagée au niveau de la formation préclinique ainsi qu’auprès des candidats à la surspécialisation en gastro-entérologie parce que j’avais envie d’être là à tous les niveaux de formation. Je le fais parce que je trouve que le travail du médecin, c’est le plus beau travail du monde. Ça offre beaucoup de liberté, beaucoup d’expériences humaines enrichissantes et de défis intellectuels. J’essaie de montrer aux jeunes médecins toute la beauté de ce travail.

À quoi ressemble une journée de « conciliation travail-études »?

Je travaille à l’hôpital Saint-Luc parce que c’est l’endroit où sont pratiquées les greffes de foie, qui sont directement liées à mon champs d’expertise en hépatologie. On se trouve donc dans un milieu spécialisé. Au quotidien, on travaille en équipe avec les résidents autant dans les tâches hospitalières que dans les suivis en clinique externe. Les résidents voient les patients, puis ils nous font part des informations qu’ils recueillent et de leur diagnostic. Notre rôle, c’est de les amener plus loin dans leur pratique et dans leur prise en charge des situations. Les résidents sont déjà bien outillés. Ils ont presque terminé leur formation. Notre rôle est donc de leur laisser prendre beaucoup d’autonomie tout en leur offrant les pistes pour aller plus loin. C’est vraiment un travail d’équipe.

En plus de votre travail et de l’enseignement, vous rédigez des textes pour des publications spécialisées, vous organisez des événements qui réunissent les spécialistes de votre champ d’expertise et vous êtes maman de trois enfants. Quel est votre secret?

J’ai de la broue dans le toupet! Bien sûr, avec les enfants, ça demande une certaine organisation, mais je pense que je suis une meilleure mère en aimant un travail exigeant que si je n’aimais pas un travail qui me demanderait moins de temps. Les enfants le sentent quand leurs parents sont heureux. Et je suis capable de décrocher au bon moment.

La question à laquelle vous auriez aimé répondre.

Je poursuivrai dans la même veine. Je suis privilégiée d’avoir réussi à trouver un métier que j’aime. C’est essentiel si on veut être heureux d’avoir un travail que l’on apprécie. L’inverse est difficile. Si ton travail t’énerve chaque jour, c’est difficile d’être heureux malgré ça. C’est la raison pour laquelle les études sont importantes, car elles offrent une plus grande liberté de choisir ce qu’on veut faire. Si tu n’investis pas dans tes études, les portes ne s’ouvriront pas de la même manière vers ce que tu voudrais faire. C’est important d’investir le temps qu’il faut dans quelque chose qui va nous nourrir toute notre vie.

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