22 février 2018
Du 5 novembre au 8 mars, ma traversée du désert
Par: Le Courrier

Àla veille du 8 mars, journée internationale des femmes qu’il faut bien souligner encore cette année vu que l’équité à toutes sortes de niveaux n’est pas encore atteinte, notre « nouveau » conseil municipal, lui, a 3 mois. S’il y a bien quelques nouveaux visages au sein de notre gouvernement municipal, il n’y a aucun changement de directives politiques.

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Au contraire, plus que jamais on voit la force du régime qui phagocyte si bien les nouveaux venus, même ceux dans lesquels on a investi les plus grands espoirs, qui les digère si promptement qu’il nous les rend tout mous, tout imbibés de sucs néo-libéraux, faciles à convaincre maintenant de toutes ses décisions antérieures qu’ils combattaient encore en octobre dernier.
Il faut que les réélus et les employés de ce conseil soient forts pour ne laisser à ces nouveaux représentants que quelques os pour se tenir debout. Juste assez pour faire semblant d’être les mêmes, victorieux sur les selfies, heureux dans la vie comme en politique.
Les citoyens du centre-ville sont encore laissés à eux-mêmes face à cette culture du char qui mise d’abord et avant tout sur les stationnements pour revamper leurs commerces. Seuls face à cette logique néo-libérale qui préfère maquiller leur Marché, balayer le projet Réseau-Sélection sous le tapis le temps que la poussière retombe ailleurs et évacuer les indésirables de tout acabit vers les lieux de l’invisibilité que sont ces villages dont on préfère tout ignorer tant qu’ils paient leurs taxes et redevances. S’ils ne consomment pas : dehors!
Une culture du char qu’on maquille en intérêt vert en lui octroyant trois jours de congrès-publicité au nord de la ville et cinq pages dans notre journal gratuit que l’on croyait plus indépendant.
Une culture qui s’est trouvé un bouc émissaire tout miel qui se contente des projets de Complexe en trois tableaux à venir (quand?) au centre-ville comme si les fausses consultations avaient fait le tour de toutes les perspectives. Une bouc émissaire qui ne croit pas qu’un comité féministe soit utile à la prise de décisions au conseil municipal. Probablement d’accord avec son maire si attentif aux citoyennes qu’il ne croit pas qu’on soit « rendus là ».
La seule qui surprend dans ces nouveaux venus par son intégrité et son courage : Linda Roy, qui s’est éjectée elle-même des décisions d’un dossier où elle se savait en conflit d’intérêts.
Chez les anciens, je n’ai jamais eu l’occasion de féliciter la lucidité et le courage de Donald Côté qui, à la première assemblée du nouveau conseil, s’inquiétait de la faible participation des inscrits aux élections et du biais démocratique que ça pouvait signifier. La question est évidemment tombée à l’eau, cette eau trouble où rien ne peut être étudié autrement que sous l’angle économique, même l’usine de biométhanisation conçue pour rapporter, sous la lancée de cette absurde croissance infinie, alors que nous avons sous la main un fantastique outil d’indépendance locale pour devenir résilient face à une mondialisation désastreuse.
J’espérais un début de commencement de changement de paradigme. Au lieu de ça, j’assiste à une parfaite régression démocratique maquillée en dictature soi-disant éclairée. D’où les femmes, surtout si elles sont féministes, sont bien sûr bâillonnées.

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