10 août 2017
Contenu des bacs bruns
Du compostage à la biométhanisation
Par: Benoît Lapierre
Du compostage à la biométhanisation

Du compostage à la biométhanisation

Les matières organiques recueillies par la RIAM dans le secteur résidentiel peuvent maintenant être transportées au CVMO de l’avenue Émilien-Letarte, dans le parc industriel Théo-Phénix.    Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les matières organiques recueillies par la RIAM dans le secteur résidentiel peuvent maintenant être transportées au CVMO de l’avenue Émilien-Letarte, dans le parc industriel Théo-Phénix. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a maintenant surmonté, mais non sans difficulté, les principaux problèmes qui l’empêchaient de traiter par biométhanisation les matières organiques que les citoyens déposent dans les bacs bruns de la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains (RIAM).

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Le grand changement est survenu le 20 juin, à l’expiration du contrat de 1 078 925 $ qui avait été accordé à la firme Services environnementaux Richelieu (devenue Enviro Connexion) en juin 2016 pour que le contenu des bacs bruns soit transporté au site de compostage Mironor, à Brownsburg-Chatham, dans les Laurentides, soit à 146 km de Saint-Hyacinthe.
Après la signature, en décembre 2014, de l’entente conclue entre la Ville et la RIAM pour le traitement de ces matières par biométhanisation (environ 10 000 tonnes par an), il est vite apparu que la présence de branchages dans les bacs empêchait leur prétraitement au nouveau Centre de valorisation des matières organiques (CVMO) avant leur envoi à l’usine d’épuration pour leur transformation en biogaz et digestat. Comme la RIAM paie 448 500 $ pour faire traiter ces matières par biométhanisation, c’est donc à ses propres frais que Saint-Hyacinthe expédiait dans les Laurentides les résidus en provenance des autres municipalités, soit environ 47 % de la totalité des matières. Pour ce faire, le transporteur dirigeait les camions de la collecte vers son centre de transbordement de Longueuil, d’où le contenu des bacs bruns était ensuite transporté chez Mironor.
Mais cet épisode est chose du passé. Ces matières aboutissent enfin au CVMO, où elles sont préparées pour leur biométhanisation à l’usine d’épuration, avant le retour au CVMO pour la période de maturation du digestat sur plate-forme.
Pour déchiqueter les branches d’un pouce de diamètre et moins – les seules qui demeureront acceptées – la Ville s’est équipée d’un broyeur sur roues de 534 633 $ qui semble répondre aux attentes. Un convoyeur devait être installé à la sortie du broyeur, mais la seule soumission reçue pour cet équipement, au montant de 241 447 $, a été jugée trop élevée et le conseil municipal l’a rejetée le 3 juillet. Elle dépassait de loin le budget de 167 000 $ qui avait été alloué à cet achat, a précisé la directrice générale adjointe, Chantal Frigon, après la séance du conseil.
Pour le moment, la Ville arrive à se débrouiller avec les équipements en place au CVMO, mais le traitement du contenu des bacs bruns nécessite aussi un tri qui est effectué à la main. « C’est une situation temporaire, parce qu’on ne pourrait pas faire ça tout le temps. C’est assez ardu », a avoué Mme Frigon.
Elle a expliqué qu’actuellement, toute la production de digestat résultant de la biométhanisation, l’équivalent de 75 000 tonnes de résidus solides par année, est valorisée sur des terres agricoles de la région. Cette solution, a-t-elle souligné, coûte à la Ville 20 $ la tonne, au lieu de 70 $ la tonne en frais de transport si le digestat devait encore être détourné vers un centre de compostage.
Autorisation toujours attendue
En ce qui a trait au biogaz produit, la Ville n’a pas encore reçu de Québec le certificat d’autorisation (CA) pour son injection dans le réseau du distributeur Gaz Métro, de sorte qu’elle n’a d’autre choix que d’en brûler une très grande quantité à la torchère. « C’est beaucoup, parce qu’on n’en utilise pas tant », a reconnu Chantal Frigon.
La demande d’autorisation liée à l’augmentation de la capacité d’exploitation de l’usine de biométhanisation, avec production de gaz naturel, est toujours à l’étude au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).
« Avant de délivrer ce document, le MDDELCC doit évaluer les impacts environnementaux du projet. Cette analyse n’est pas terminée. Le MDDELCC doit connaître les impacts sur l’environnement et s’assurer que le projet respecte la réglementation en vigueur. Il doit notamment s’assurer que les normes d’air ambiant du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA) sont respectées. Des échanges techniques se font pratiquement sur une base quotidienne afin d’arriver à finaliser le dossier dans les meilleurs délais », a expliqué Daniel Messier, conseiller en communications et porte-parole régional du MDDELCC, dans un courriel transmis le 26 juillet en réponse aux questions du COURRIER dans le dossier. Il a précisé que l’utilisation d’intrants en provenance de l’industrie agroalimentaire représente un contexte nouveau sur lequel le MDDELCC souhaitait aussi se documenter adéquatement.
Par ailleurs, le 3 juillet, le conseil municipal a aussi adopté une résolution par laquelle il consent à remplacer, par un nouvel accord, l’entente d’achat-vente de biométhane conclue avec Gaz Métro le 24 août 2016. Mme Frigon a expliqué que Gaz Métro devait préalablement se présenter devant la Régie de l’Énergie pour faire reconnaître la valeur de ce gaz et en faire établir le juste prix. Elle a précisé que cette démarche n’empêcherait pas la commercialisation du gaz, lorsque cette opération pourra commencer. 

Avec la collaboration de Rémi Léonard

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