10 octobre 2019
École de théâtre
Du Gorki pour lancer la saison
Par: Maxime Prévost Durand

Les finissants de l’École de théâtre joueront Les bas-fonds du dramaturge russe Maxime Gorki pour lancer la saison. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La nouvelle cohorte de finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe s’attaquera à une œuvre de Maxime Gorki pour lancer sa saison. La pièce Les bas-fonds, écrite au début des années 1900 pour raconter la misère de la Russie, sera présentée du 18 au 24 octobre à la salle Léon-Ringuet.

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La pauvreté réunit les personnages, marginaux et exclus de la société, dans les bas-fonds du sous-sol sombre et désolant d’un logement qu’ils n’arrivent même pas à payer. Malgré leur situation qui n’a rien de réjouissante, l’espoir leur permet de continuer d’aspirer à des jours meilleurs.

Alors que l’œuvre originale du dramaturge russe dure habituellement tout près de trois heures, la version présentée par les étudiants a été réduite à environ deux heures, ne gardant que « l’essentiel au niveau du texte », a indiqué le metteur en scène Charles Dauphinais, qui assure ici sa première collaboration avec le programme maskoutain.

Celui-ci s’est d’ailleurs permis d’adapter la pièce en la transportant dans les années 90 afin que l’histoire se rapproche d’une réalité connue par les étudiants.

« Je trouvais essentiel de l’adapter. Je viens d’un milieu de création et, dès le début, je me suis dit que je devais mettre la pièce à ma main, a-t-il soutenu dans un entretien avec LE COURRIER. La Russie du début du 20e siècle, je ne la connais pas vraiment et j’avais envie que les étudiants puissent se rattacher à des choses concrètes pour eux. C’est déjà difficile comme finissant de s’engager comme ça dans un texte, d’essayer de comprendre la psychologie des personnages et toute la relation qui peut se créer entre eux, alors je voulais qu’ils puissent revenir à quelque chose qu’ils connaissent. »

Cela se reflètera surtout dans les costumes portés par les comédiens, mais aussi dans certains changements de réalités. Le personnage de Nastia, féminin dans l’œuvre originale, deviendra ici un personnage transgenre impliqué dans une relation amoureuse. Le flou des genres sera également exploré à travers le personnage de Boubnov, un « témoin » de l’histoire dont on ne saura jamais vraiment s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.

Faire ressortir l’espoir

Porté par ses engagements politiques, Gorki avait dressé dans Les bas-fonds le portrait d’un drame social à une ère où on assistait au début du mouvement communiste. Cet esprit se traduit sur scène par une ambiance sombre dans un décor évoquant le sous-sol où sont réunis les personnages. Les jeux de lumière viendront d’ailleurs appuyer la lourdeur de l’œuvre.

Le texte, lui, a été adapté pour insuffler davantage l’espoir qui nourrit leur vie, a précisé Charles Dauphinais. « Je voulais aller ailleurs avec quelque chose de plus dynamique, de vivant et de grouillant », a-t-il expliqué. Deux parties de textes écrites par un des finissants ont même été ajoutées en réponse à l’œuvre.

À quelques jours de la première représentation, les étudiants apportaient les touches finales à cette pièce, sous le regard confiant du metteur en scène. « Il y a toujours une adaptation [pour la première pièce], surtout que l’échéancier est plus rapide et que tout se passe un peu en même temps. Mais ce sont des étudiants hyper impliqués, généreux, travaillants et ils forment un groupe assez uni », a-t-il souligné.

Les représentations de la pièce Les bas-fonds auront lieu tous les jours du vendredi 18 octobre au jeudi 24 octobre, à l’exception du lundi 21 octobre où il y aura relâche. La réservation de billets, au coût de 10 $ par personne (5 $ pour les étudiants), peut se faire en ligne au ecoletheatre.cegepsth.qc.ca ou par téléphone au 450 773-6800, poste 2408.

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