21 avril 2016
Jeep Grand Cherokee SRT 2016
Du muscle
Par: Marc Bouchard

Je suis un fan d’utilitaires sport. Peu importe leur format d’ailleurs. Bien sûr, les mauvaises langues diront que je suis un amateur de tout ce qui a un moteur, ce qui n’est pas faux,

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Vous l’aurez compris, avec une telle ­approche, j’ai beaucoup aimé le Jeep Grand Cherokee SRT. Parce que d’une part, il profite d’une belle finition, d’une longue liste d’accessoires et de tous les raffinements dont peut rêver un ­propriétaire de Grand Cherokee.

D’autre part, parce que sa conduite, sa tenue de route et sa puissance – surtout sa puissance – le rendent totalement rebelle et délinquant. En fait, malgré toutes ses prétentions, il faut savoir qu’un Jeep Grand Cherokee SRT n’a qu’une seule vocation : celle de rendre la conduite de ce VUS la plus sportive qui soit, rien de moins, et en toutes circonstances.

Un exemple? Pour le boulot, j’ai dû faire un petit aller-retour vers Toronto. Bien sûr, le chaud soleil des derniers jours et la qualité de la route 401 (en matière d’asphalte, non en matière de paysage dois-je le préciser) m’ont incité à utiliser le Jeep Grand Cherokee SRT pour m’y rendre.

Réglons la chose tout de suite, ce n’est pas par souci d’économie de carburant que j’ai fait ce choix. Aux termes d’un ­aller-retour, ma foi plutôt agréable, je me suis retrouvé avec une consommation moyenne de 14,9 litres aux 100 kilomètres, et une facture salée en carburant.

J’ai cependant pu m’amuser comme un fou au volant de ce véhicule dont la ­capacité est bien supérieure aux miennes. Il faut dire que, mécaniquement, le Grand Cherokee SRT a de quoi satisfaire même les plus exigeants. Son moteur V8 Hemi développe la bagatelle de 470 chevaux et quelque 465 livres-pied de couple. Vous aurez compris que jamais, sur la route, on ne se sert d’une telle ­puissance, mais il est bien agréable, en entrée d’autoroute ou en dépassement, de sentir toute cette puissance disponible à la moindre sollicitation.

Le vrai plaisir réside cependant dans la sonorité exceptionnelle du moteur : un simple petit coup d’accélérateur ­déchaine les décibels d’une motorisation que l’on sent prête à bondir. Je dois me confesser : chaque fois que j’en ai ­l’occasion quand je conduis un véhicule du genre, je descends la côte de la rue Bourdages, prends à droite pour passer entre les murets de ciment derrière le ­stationnement. Les murs font rebondir la sonorité de ce moteur, et je franchis la distance toutes fenêtres ouvertes, peu importe les conditions, pour en ­apprécier le plaisir. Que voulez-vous, chacun apprécie la musique qui lui plait!

Dans le domaine de la conduite, il faut préciser cependant que le Jeep Grand Cherokee SRT ne plaira pas à tous. Ses suspensions rigides ne laissent pas beaucoup de place à l’imagination quand vient le temps de survivre aux nids-de-poule québécois, et les pneus sport utilisés sur le véhicule ont une fâcheuse tendance à suivre tous les défauts de la chaussée. Le résultat, c’est une conduite avec deux mains solidement installées sur le volant, au risque de dévier brusquement.

Heureusement, l’habitacle jouit d’un grand confort. La qualité des matériaux est étonnamment réussie et les ­accessoires bien pensés. Le système ­multimédia UConnect, par exemple, est un des plus simples d’utilisation, à ­l’exception de ses commandes vocales de navigation qui avaient une fâcheuse tendance à vouloir m’expédier loin de ma destination. Même les passagers arrière, sur ma version d’essai, profitaient d’un écran d’affichage DVD.

Parce qu’il s’agit d’un SRT, il faut aussi signaler la présence d’un écran d’affichage « spécial performances » qui permet, selon le réglage souhaité (sport, piste, neige ou régulier), de modifier les réponses des suspensions, de l’accélérateur, des freins et la ­puissance du moteur pour en tirer le maximum dans toutes les circonstances.

Sans compter l’incontournable rouage intégral (c’est quand même un Jeep) qui permet de franchir bien des endroits difficiles, étant davantage limité par la garde au sol que par les capacités du véhicule.

J’aime les utilitaires sport. J’aime les voitures performantes. Mais est-ce qu’un VUS a besoin d’autant de performances? Peut-être pas tous les jours, et je m’en ­lasserais sans doute assez rapidement. Malgré tout, il faut saluer la réussite, ce Jeep Grand Cherokee a une conduite exceptionnelle.

Photos Marc Bouchard

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