8 février 2018
carte blanche
Du pain ou des jeux
Par: Christian Vanasse

Ça y est. Je vais être grognon pour les deux prochaines semaines. Jeux d’été ou d’hiver, pour moi, c’est du pareil au même. Ma fibre olympique ne lève pas devant ce spectacle orgiaque de drapeaux, d’hymnes nationaux et de patriotisme dégoulinant. 

publicité

Pourtant, j’adore le sport, j’ai le plus immense respect pour les athlètes, l’effort, la souffrance, Citius, Altius, Fortius et tout le reste. Je reste émerveillé comme un enfant de lire sur les visages l’euphorie de la victoire ou la cruelle souffrance de la défaite. Mais… c’est tout le reste autour qui m’est devenu insupportable.
Le dopage et la politique systémiques qui mêlent les cartes dans des Jeux où on se fout des règles. Le CIO devrait s’inspirer du nouveau Monopoly et permettre carrément la triche et la fraude. Ce serait moins hypocrite. Et sûrement très drôle de voir Marianne St-Gelais pitcher des garnottes dans les patins des chinoises.
J’en entends s’objecter « Les Jeux font avancer les causes, les deux Corées marchent ensemble ». La belle affaire! Et Sarajevo après les Jeux de 1984, c’était bien? Et le sort des Tibétains après les Jeux de Pékin? Et des gais après Sotchi? Les Jeux ne sont pas un gage de paix, de prospérité et de bonheur fraternel. Si c’était le cas, ça ferait longtemps qu’Haïti aurait dû les avoir!
« Mais les athlètes sont des modèles. » Trouvons autre chose. Toujours ben des maudites limites à mettre autant de ressources dans la réussite d’un rêve individuel quand la réalité de la majorité fait juste empirer. En voir juste un monter sur le podium quand la majorité reste sous le seuil de la pauvreté.
Du pain et des jeux, promettaient les empereurs romains. Maintenant, ils nous mettent des jeux plein les yeux pour nous faire oublier le prix du pain.

image