16 janvier 2020
Environnement
Du plomb à l’école
Par: Martin Bourassa

La nouvelle est tombée peu avant 16 h vendredi. Il y a du plomb dans des concentrations qui dépassent les normes acceptables dans l’eau de nos écoles. Si vous avez suivi ce dossier depuis l’automne, vous ne serez pas trop surpris. Dans le cas contraire, on vous invite à rester calme. Il n’y a pas péril dans nos écoles pour autant.

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Mais qui dit plomb et cochonneries du genre dit risque potentiel pour la santé. C’est assez pour inquiéter les plus sensibles d’entre nous et ils sont généralement nombreux. Encore davantage quand cela concerne la santé de leurs enfants.

Ainsi donc, à la demande du gouvernement, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) a entrepris pendant le congé des Fêtes la grande chasse au plomb dans l’eau de ses établissements. Avec en mains la nouvelle procédure qui demande de ne pas laisser l’eau couler cinq minutes (!) avant de la tester et surtout avec les normes recommandées par Santé Canada. Ces dernières fixent la concentration de plomb à ne pas dépasser dans l’eau potable à 5 microgrammes par litre, en baisse de cinq microgrammes par rapport à la norme maximale qui était jusque-là tolérée.

Et la chasse au plomb de la CSSH a été bonne, ou plutôt mauvaise au final.

Du plomb, notre commission scolaire en a trouvé dans les cinq premiersétablissements qu’elle a testés sur la cinquantaine qui doivent l’être d’ici le 1er novembre 2020. Pas dans toutes les fontaines et tous les robinets testés ni dans les mêmes proportions, mais dans chacune des cinq écoles, au moins un robinet était comment dire plombé.

Parfois le taux de plomb revenait sous la norme maximale après un écoulement d’eau de quelques secondes; d’autres fois non et la fontaine était alors condamnée.

Des interventions seront donc nécessaires dans ces cinq premières écoles.

Cette note parfaite a quand même de quoi étonner un peu dans la mesure où cette première brochette d’établissements concernait des écoles situées aux quatre coins du territoire, soit de Saint-Hyacinthe à Sainte-Christine, en passant par Saint-Nazaire et Saint-Bernard. Dans ce dernier cas, il faut savoir que cette école vient d’être refaite de A à Z, incluant la plomberie. Un robinet a pourtant dû y être condamné.

Si la tendance se maintient, préparez-vous tout de suite, on risque de retrouver des concentrations de plomb problématiques dans une majorité d’écoles puisque notre parc d’établissements concerne un lot appréciable d’écoles construites dans les années critiques – avant 1981 – pour la contamination des systèmes d’alimentation. De la contamination, il pourrait y en avoir à grande échelle, et pas juste sur le territoire de la CSSH compte tenu des tests et des normes révisées. Il ne faut pas penser que nous sommes dans une classe à part au niveau de la contamination au plomb dans l’eau de nos écoles. Alors de grâce, ne partez pas en peur.

Au contraire, il faut se réjouir de l’attitude de la CSSH jusqu’ici. Elle a été l’une des commissions scolaires les plus proactives dans ce dossier, autant pour les tests et la diffusion des résultats que pour la mise en place de mesures préventives dans l’ensemble de ses établissements. Ces mesures ne sont pas dictées par la panique, mais par le devoir de manifester une attitude responsable et prudente à la lumière des premiers résultats.

Ces résultats préliminaires sont au pire préoccupants, à défaut d’être alarmants.

Il est pertinent de rappeler que l’exposition au plomb provenant de l’eau potable comporte habituellement peu de risque pour la santé. Selon la documentation disponible, les effets d’une exposition au plomb pendant plusieurs années sont surtout de nature neurocomportementale, pouvant causer une diminution de la capacité d’apprentissage, ce qui n’est justement pas souhaitable à l’école.

Dans la même veine, on estime que la consommation ponctuelle et limitée n’aura pas d’effets sur les niveaux de plomb dans le sang. C’est rassurant, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire, surtout quand la situation est connue et documentée.

Devant l’ampleur du défi qui pointe à l’horizon, il est permis de se demander comment et à quel prix la CSSH parviendra à réaliser rapidement tous les travaux nécessaires pour la mise aux normes des différents points d’eau. Concernant les correctifs à apporter dans les écoles, on procèdera un peu beaucoup par la méthode essai-erreur, en remplaçant des équipements ou bien en jouant dans la tuyauterie. La bonne nouvelle, c’est que la CSSH semble en avant de la parade. Elle sera donc parmi les premières à passer en mode solutions.

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