13 juillet 2017
Du rêve à la réalité
Par: Martin Bourassa
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Non, je n’ai pas assisté à la soirée de consultation publique du 31 mai au centre des arts Juliette-Lassonde afin d’exposer ma vision de la promenade Gérard-Côté. Pas le temps pour ça et un intérêt disons au mieux mitigé. 

À mon sens, tenir cette consultation une semaine avant l’autre semblant de consultation sur le projet Réseau Sélection était davantage une manœuvre de diversion qu’autre chose de la part de la Ville de Saint-Hyacinthe.

 J’ai donc passé mon tour, contrairement aux 87 personnes qui y ont participé. Si on m’avait invité ou forcé la main pour m’y amener, j’aurais sans doute opiné du bonnet quand deux participants ont signifié leurs réserves, considérant le peu d’intérêt de la promenade et de la rivière et craignant un gaspillage de fonds publics. 

Il va sans dire que dans son état actuel, cette promenade a un intérêt assez limité compte tenu de son allure générale, du manque d’entretien criant et de la vitrine qu’elle offre sur une rivière Yamaska bien peu invitante, pour ne pas dire peu ragoûtante à l’œil ou au nez. 

Dans l’immédiat, son intérêt est davantage limité aux résidants des quartiers centre-ville ou Christ-Roi. Les Maskoutains qui vivent dans les autres quartiers et qui souhaitent prendre l’air vont davantage choisir le parc des Salines que la Promenade. 

Ce qui n’enlève rien au potentiel de la promenade Gérard-Côté et à l’initiative de la Ville. Il est certes opportun de vouloir lui redonner un peu de lustre. Mais entre une simple remise en forme et une réhabilitation de 10 ou 15 M$, il y a un pas.

D’où l’intérêt qu’il faut avoir pour cette opération qui s’annonce coûteuse. Et elle le sera davantage si la Ville essaie de plaire à tous les intervenants. Si vous avez quelques minutes à consacrer au rapport qui a découlé de cette consultation, il est riche d’enseignements, et même involontairement tordant. Surtout quand on évoque l’idée de lui greffer un musée sur l’histoire de la rivière, d’y ajouter des cornets géants pour mieux entendre les oiseaux et d’y aménager une Porte des mairesses qui s’inspirerait de la Porte des Anciens maires afin de mettre en valeur les femmes qui ont fait l’histoire de Saint-Hyacinthe. 

Trois personnes ont aussi recommandé l’élaboration d’une étude d’impact sur la santé, une idée décidément à la mode au centre-ville. À quand une étude d’impact sur la santé des fameuses études d’impact sur la santé?

En ce qui me concerne, le danger qui nous guette avec la réhabilitation de la promenade Gérard-Côté, c’est qu’elle en vienne à dénaturer, et le mot est bien choisi, cette promenade de 2,4 km aménagée sur la rive de la Yamaska.

 Selon moi, il faut éviter qu’en voulant attirer davantage de Maskoutains et de visiteurs dessus que l’on fasse fuir et disparaître la faune et la flore qui s’y trouvent déjà, en multipliant les sources de pollution sonore et visuelle dans le but de faire chic et contemporain.

Comme l’on dit deux intervenants, la nature doit occuper la première place.

Le plus grand défaut de la promenade actuelle, c’est qu’elle a manqué d’amour et d’entretien avec le temps. Avant de penser à la prolonger encore aurait-il été nécessaire de se préoccuper de ce qu’on avait déjà en commençant par y installer un éclairage approprié, quelques poubelles et des toilettes publiques.

Et avant de recommander aux concepteurs de créer des liens avec les galeries d’art du centre-ville et les artistes d’ici, la Ville de Saint-Hyacinthe devrait s’assurer que ces galeries soient encore en activité lorsque l’on procédera à l’inauguration de cette promenade revampée. La mise en place d’une politique municipale d’acquisitions d’œuvres d’art serait un premier pas dans cette direction.

Pour le reste, les mémoires qui ont été déposés dans le cadre de cette consultation et qui figurent en annexe du rapport ne sont pas dépourvus d’intérêt. Loin de là. Je retiens particulièrement l’idée du spécialiste de l’histoire du sport québécois Paul Foisy de créer un espace dédié à la mémoire de Gérard Côté sur la promenade par l’installation d’une statue et de panneaux d’interprétation rappelant les grands faits d’armes du célèbre athlète et marathonien maskoutain. 

Cette promenade porte son nom et il serait normal qu’elle témoigne de ses accomplissements, bien avant de vouloir en faire un lieu en l’honneur de tout autre grand Maskoutain du passé.

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