19 avril 2012
Ford Raptor 2012
Du sport à quatre roues
Par: Marc Bouchard

Attention, coeur sensible et amis passionnés de l’environnement, cette chronique ne s’adresse pas à vous. Certains sentiers, certains arbustes ont été malmenés pour les bienfaits de ce reportage. Mais quel plaisir ce fût!

D’entrée de jeu, personne, je dis bien personne, ne reste indifférent quand un Ford Raptor vient se stationner tout près. La taille de la machine (une version méchante et surdimensionnée du Ford F150) en impose. Sans compter que ses suspensions surélevées, sa grille noire imposante et ses motifs surimprimés en noir sur le bleu brillant de la carrosserie viennent compléter le look.

Mon Ford Raptor a l’air d’une bête prête à bondir, ce qui est exactement le cas. Et tous les amateurs de camionnette en bavaient d’envie en le regardant. Mon propre voisin, un entrepreneur en construction, a même refusé une randonnée à son bord, tellement charmé par le look qu’il avait peur qu’un petit ne le convainc de l’acheter. Car le Raptor est dans une classe à part; il attire les regards et accumule les performances comme rarement une camionnette a su le faire. Il faut dire que le véhicule a été totalement remanié par la division SVT, la division de performance de Ford. Physiquement, le monstre a une allure indéniablement féroce. Désormais doté d’une cabine à quatre portes (une nouveauté de l’an dernier), il est haut sur patte, notamment grâce à ses suspensions surélevées qui lui procurent un débattement de 50 % plus important que les autres camionnettes du genre (le débattement étant, comme tout le monde le sait, la capacité des suspensions de bouger en hauteur pour absorber les chocs de la route). Dans l’habitacle, de l’espace, beaucoup d’espace… et une liste d’équipements à faire rougir toutes les berlines de ce monde. Y compris, malheureusement, le système My Ford Touch de commandes vocales dont la complexité n’a d’égale que les réponses étranges. En fait, pour téléphoner par exemple, je n’ai eu d’autres choix que de laisser le système en anglais et de m’adresser à lui avec mon plus bel accent du dimanche (même pour appeler des amis francophones, ce qui donne quelque chose comme Beurtrande Godine pour appeler mon ami Bertrand Godin). Sous le capot, un bête et méchant moteur 6,2 litres de 411 chevaux et de 434 livres-pied de couple, capable de lancer le Raptor sur la route comme sur les sentiers à la vitesse de l’éclair… Évidemment, non sans oublier quelques arrêts fréquents et obligatoires à la pompe à essence pour nourrir la bête qui apprécie quelque 13 litres aux 100 kilomètres lorsqu’on la traite avec nuances.

Que du plaisir!

Sur la route, le Ford Raptor se comporte, étonnamment avec grâce et enthousiasme. Même s’il est une camionnette dans tous les sens du terme, on ressent moins que prévu le balancement désagréable que la hauteur de la bête laissait supposer. Et même l’habitacle est assez bien insonorisé pour éviter les désagréments.

Mais là où le Raptor devient vraiment, mais vraiment intéressant, c’est quand il sent que ses roues ont quitté le pavé. Parce que les sentiers hors route ne sont pas légions dans la région maskoutaine, et que j’ai pu compter sur le support des Carrières St-Dominique, j’ai pu tester les capacités du Raptor de façon, disons-le, plus intensive. Fiston bien attaché derrière, Chérie à mes côtés, nous voilà lancés sur les sentiers boisés des Carrières… et si ce n’était de la largeur excessive du véhicule, jamais nous n’hésiterions à franchir le moindre obstacle. Dans les boisés, le Raptor se moque de toutes les dénivellations, franchissant les crêtes avec un enthousiasme quasi juvénile (à moins que ce ne soit le mien…). Et quand il affronte une section plus difficile, il suffit de la placer en mode 4 x 4, de verrouiller le différentiel et d’activer les caméras avant localisées dans le pare-choc qui nous permettent de voir en détail le chemin qui nous attend. Une fois traversée la forêt, place aux régions plus humides. Notre visite suivait de près une forte averse, et de grandes flaques d’eau sillonnaient tous les accès. Peu importe leur profondeur, le Raptor s’en moquait avec une élégance quasi provocante. Et les jets d’eau qui jaillissaient avec force de chaque côté du camion prouvaient hors de tout doute sa conviction à se sortir du trou sans encombre. Bref, nous lui avons fait, le temps de quelques heures, subir le traitement extrême. Et si ce n’avait été du nettoyage intensif nécessaire et difficile après coup, le Raptor n’aurait subi aucun contrecoup de sa performance.

En résumé

Le Ford Raptor est un extrême, un vrai. Il se sort de toutes les situations, et avec un ronronnement de moteur presque moteur. Mais il est aussi un extrême en matière de consommation (j’ai aperçu une moyenne de 24 litres aux 100 kilomètres dans le bois), et en termes de prix, puisque notre modèle d’essai valait bien quelque 66 000 $. Mais il vaut bien chaque dollar…..

Forces :

– Capacité hors route – Moteur puissant – Suspensions hors du commun

Faiblesses :

– Coût – My Ford Touch – Consommation

Fiche technique :

Moteur : V8 6.2L SACT 16 soupapes Puissance (ch@tr/min) : 411 @ 5500 Couple (lb.pi@tr/min) : 434 @ 4500 Roues motrices : 4 roues motrices Transmission : Automatique à 6 rapports Freins : Disques aux 4 roues Consommation estimée : 12,8 l /100 km Prix du modèle d’essai : 66 400 $ Merci aux Carrières Saint-Dominique

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