8 octobre 2015
Élections fédérales
Duceppe veut un Bloc fort
Par: Benoit Lapierre
Gilles Duceppe a répondu aux questions du COURRIER à bord de sa caravane de ­campagne. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Gilles Duceppe a répondu aux questions du COURRIER à bord de sa caravane de ­campagne. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Poursuivant sans relâche ses tournées des régions du Québec, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, redouble d’ardeur dans les derniers moments de la campagne électorale pour que son parti ressorte renforcé de cet épuisant exercice.

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« Ce qui semble se dessiner, c’est l’arrivée d’un gouvernement minoritaire, et dans ce contexte, il est d’autant plus important d’avoir un Bloc fort à Ottawa qui va ­travailler pour le Québec », soutenait-il mardi matin, lorsqu’il est arrêté à Saint-Hyacinthe pour saluer son candidat dans la région, Michel Filion, et rencontrer les représentants des médias locaux.

À 14 jours du scrutin, il en était, mine de rien, à sa troisième visite dans la région depuis le début de la campagne, ce qui en dit long sur sa détermination à ravir la ­circonscription de Saint-Hyacinthe/­Bagot au NPD le 19 octobre, grâce au concours du candidat Filion.

Gilles Duceppe soutient que le rôle du parti indépendantiste à Ottawa n’a pas changé : il doit continuer de défendre le mieux possible les intérêts des ­Québécois sur la scène fédérale. Il n’est pas du tout d’accord avec les observateurs qui croient qu’en agissant ainsi à la Chambre des communes, le Bloc sert le fédéralisme. « C’est complètement ­erroné. Regardez les ­Écossais : ils envient notre situation avec le Bloc. Eux, ils sont pris pour ­envoyer leur argent à ­Westminster. Nous, on paie des impôts ­là-bas, à Ottawa, et il faut voir à la dépense. Au moment du référendum de 1995, il y avait 53 députés du Bloc québécois qui ­faisaient campagne pour l’indépendance du Québec aux ­côtés du Parti québécois. Ça avait complètement changé le portrait (par rapport au référendum de 1980). Moi, je veux qu’on se donne un pays, mais je n’ai rien contre les autres et on ne se donne pas un pays par dépit. On se donne un pays parce que c’est bon pour nous », fait-il valoir.

Au lendemain des élections, il souhaite s’attaquer à plusieurs enjeux importants pour le Québec, comme le projet d’oléoduc d’Énergie Est, combattu par le Bloc, et aussi, bien sûr, le dossier du ­Partenariat transpacifique, qui ouvre une brèche dans le système de gestion de l’offre dans le ­domaine agroalimentaire. « J’ai rencontré le conseil général de l’UPA là-dessus, et s’il y a des gens qui connaissent bien le dossier, ce sont bien eux. M. Harper dit qu’il y aura des ­compensations de versées aux producteurs touchés, et il faut s’assurer que ça se fasse. Si on parle de compensations, c’est parce qu’il y aura des pertes. Il y aura une loi de mise en oeuvre à adopter, il faudra rester vigilants. Le diable est dans les détails », a poursuivi le chef du Bloc.

Quant à Michel Filion, il entend terminer la campagne en ratissant plus large dans ses rencontres avec l’électeur. « J’ai l’intention de me présenter à la sortie des usines, le soir, et de continuer le porte-à-porte. Il y a une dimension là-dedans que j’ignorais complètement; ça te permet de voir les gens dans leur milieu de vie, et de mieux comprendre les difficultés qu’ils vivent. »

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