6 juillet 2017
D’un évêque à l’autre
Par: Rémi Léonard
D’un évêque à l’autre

D’un évêque à l’autre

Mgr Christian Rodembourg (à gauche) et Mgr François Lapierre (à droite). Les deux hommes d’Église ont fait un premier contact le 30 juin, une occasion pour le futur évêque de rencontrer toute l’équipe du diocèse. Photo Martin Lacasse | Le Courrier ©

Mgr Christian Rodembourg (à gauche) et Mgr François Lapierre (à droite). Les deux hommes d’Église ont fait un premier contact le 30 juin, une occasion pour le futur évêque de rencontrer toute l’équipe du diocèse. Photo Martin Lacasse | Le Courrier ©

La nouvelle était attendue depuis près d’un an. Elle est finalement venue le 29 juin. Un nouvel évêque pour le diocèse de Saint-Hyacinthe a été nommé par le pape François.

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L’élu est Christian Rodembourg, qui était jusqu’ici curé de la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil. Le Belge d’origine est également impliqué au sein de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres.

Il succède à Mgr François Lapierre, qui a remis sa démission lors de son 75e anniversaire en juillet 2016, comme le prévoit le droit canonique, mais qui a poursuivi son mandat jusqu’à la nomination du nouvel évêque. En entrevue au COURRIER, le natif des Cantons-de-l’Est a dit avoir grandement apprécié son passage dans la région, se sentant « privilégié » d’avoir exercé 19 ans dans notre diocèse, qui compte de grandes villes comme Saint-Hyacinthe, Sorel ou Granby, mais aussi plusieurs villages aux « communautés vivantes », a-t-il constaté, entre autres lors d’une récente tournée des paroisses.

De prêtre globe-trotteur à évêque maskoutain

Un compliment qui prend une valeur toute particulière lorsqu’on sait que Mgr Lapierre a visité de nombreuses régions du monde puisqu’il a longtemps œuvré pour la Société des Missions-Étrangères. Ordonné prêtre en 1965, ayant auparavant fait ses études au Séminaire de Saint-Hyacinthe, il est allé répandre l’Évangile à travers le monde avec comme toute première destination le Pérou, suivie de bien d’autres.

En 1991, il devient supérieur général de la Société des Missions-Étrangères. Ce n’est qu’en 1998 que le prêtre retourne en quelque sorte chez lui, lorsqu’il est désigné par le pape Jean-Paul II pour succéder à Mgr Louis-de-Gonzague Langevin comme 11e évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, qui couvre une partie de la Montérégie et de l’Estrie. « Je suis arrivé ici en juin 1998, il y a 19 ans, mais pour moi, ce fut comme une seule longue et belle journée », a-t-il témoigné.

À Saint-Hyacinthe, le grand voyageur a développé la réputation de connecter facilement avec les différentes communautés culturelles, sa maîtrise de l’espagnol aidant naturellement. Il a même donné son appui en 2013 à une famille mexicaine de Saint-Hyacinthe menacée de déportation. Un moment fort de son épiscopat reste la célébration des funérailles de son prédécesseur, Mgr Langevin, qui se sont tenues à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe en juillet 2003.

Connu pour s’attacher à la dimension spirituelle de l’Église, Mgr Lapierre n’a pas pu échapper pour autant aux défis de son époque. Au cours des vingt dernières années, 23 églises ont fermé leurs portes à travers le diocèse, recensait en 2016 l’hebdomadaire sorelois Les 2 Rives, liste à laquelle on peut ajouter l’église Sacré-Coeur-de-Jésus, dont la démolition ne devrait pas tarder.

Pas facile de dire au revoir

Son départ, bien que prévu depuis un bon moment, n’en reste pas moins émotif pour lui. « Je ressens une grande émotion à quitter des gens que j’ai aimés et appréciés. Je pars, mais mon cœur reste ici », a exprimé l’évêque. Il aura atteint au total tout près de 52 années de vie religieuse.

Il lui reste toutefois encore un peu de travail devant lui, notamment afin d’assurer la transition vers son successeur et la préparation de l’ordination épiscopale de Mgr Christian Rodembourg, qui est prévue pour le 17 septembre. Il n’a pas été possible de s’entretenir avec le futur évêque, qui deviendra le 12e du diocèse.

Pour ce qui est de Mgr Lapierre, qui restera évêque émérite après son mandat, il compte bientôt partir pour le Pérou, là où sa profession de missionnaire a débuté, question de visiter les relations qu’il a encore en Amérique latine et d’effectuer un retour aux sources. Et ensuite? « Pour le reste… on verra », a simplement laissé tomber le futur retraité, qui semble toutefois vouloir demeurer bien actif.

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