27 août 2015
E.T. Corset : un registre sera nécessaire
Par: Benoit Lapierre
E.T. Corset : un registre sera nécessaire

E.T. Corset : un registre sera nécessaire

Les citoyens qui peuvent faire obstacle au projet immobilier visant l’ancien site industriel E.T. Corset – Goodyear, à l’angle des rues Delorme et Laframboise, pousseront-ils jusqu’au référendum la procédure qui est en cours à la Ville?

Publicité
Activer le son

C’est la question qui se pose au terme d’une première consultation concernant les changements à la réglementation ­d’urbanisme qui sont demandés par le promoteur, la firme Bellus Développement, dont le président, Gilles Lépine, est l’oncle par alliance du maire de Saint-­Hyacinthe, Claude Corbeil.

Après l’adoption du second projet de ­règlement visant à permettre la construction, sur cet emplacement, d’au moins 118 logements répartis dans huit bâtiments de trois à cinq étages, 13 citoyens d’une zone contiguë à celle concernée ont présenté une demande d’approbation référendaire du règlement en question. Comme 12 ­requérants suffisaient pour que la requête soit acceptée, ce résultat force le conseil municipal à passer à la deuxième étape du processus, appelée la « procédure d’enregistrement » du règlement. Un registre ­sera ouvert à l’hôtel de ville le 2 septembre, entre 9 h et 19 h, à l’intention des personnes habiles à voter dans la zone concernée 4130-H-24, de même que ceux de la zone contiguë 4137-H-12, d’où émanait la demande initiale d’approbation ­référendaire. Cette zone correspond au quadrilatère bordé des rues Laframboise, Morison, Lamothe et Delorme.

Si, ce jour-là, au moins 24 citoyens concernés, sur une possibilité de 132, se rendent à l’hôtel de ville pour signer le ­registre, le conseil sera forcé de passer à la troisième et dernière étape, celle du ­référendum de secteur sur le projet de ­règlement.

Les élus en ont adopté la version ­officielle cette semaine, au cours d’une courte séance extraordinaire qui a eu lieu lundi, en fin d’après-midi. L’adoption du règlement a été proposée par le conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet, lequel, paradoxalement, est aussi le représentant du conseil au comité consultatif local en patrimoine.

Évidemment, il n’ignore pas que l’entrée en vigueur du règlement pour le projet ­Bellus signifierait la disparition rapide de la E.T. Corset, car plus rien n’empêcherait alors l’émission du permis de démolition qui a été demandé pour la destruction du plus vieux monument de ce qui reste du patrimoine industriel de Saint-Hyacinthe.

Dans le cas de la E.T. Corset, le permis de démolir a été demandé le 23 février par Stéphane Arès et Fernand Mathieu, les propriétaires de l’emplacement convoité par Bellus. Le comité de démolition avait rendu une décision favorable le 9 mars, après quoi des citoyens en avaient appelé de ce verdict auprès du conseil ­municipal. Après avoir entendu l’appel en audience publique le 27 avril, les élus ont décidé, le 29 juin, de maintenir la décision déjà prise par le comité de ­démolition d’accorder le permis, après l’entrée en force des modifications ­réglementaires requises par Bellus. Seule la conseillère Brigitte Sansoucy s’était ­opposée à cette décision, estimant qu’avec la E.T. Corset, la Ville envoyait un bien mauvais message aux acquéreurs de ­bâtiments patrimoniaux peu soucieux de leur conservation.

image