7 janvier 2016
Toyota Camry hybride 2016
Économique et sans reproche
Par: Marc Bouchard

Je le dis haut et fort, j’aime conduire. Pour en apprécier tous les plaisirs ­cependant, il faut une voiture capable de nous aider à vivre notre passion. Elle doit être capable de nous transmettre tous les petits frissons qui font de la conduite automobile plus qu’un simple déplacement. Ce qui n’est exactement pas le cas de la Toyota Camry hybride.

À ma grande surprise cependant, je me suis pris au jeu et après avoir passé deux semaines à son volant, je ne lui ai trouvé que d’infimes reproches qui peuvent, il faut bien l’avouer, être aisément oubliés par quiconque aime ce genre de voiture.

Car là est le plus important : il faut ­aimer ce genre de berline, de bonne ­dimension, dont les qualités de roulement sont davantage dans la douceur et l’économie, tout en vous préservant dans le plus imposant anonymat.

En matière de silhouette, malgré un changement radical au cours de la ­dernière année, la Toyota Camry n’a rien de très sexy. Sa calandre est plus affirmée, ses lignes mieux conçues, mais encore une fois, rien qui ne la distingue réellement de la masse.

L’habitacle est lui aussi d’une sobriété exemplaire. Les sièges sont confortables, l’équipement abondant, mais en matière de style, Toyota fait ce que la compagnie fait de mieux : miser sur l’efficacité plutôt que le simple esthétisme. Dans cet esprit, l’habitacle est bien pensé, ergonomiquement agréable, mais pas du plus intense modernisme.

Chut, le moteur tourne!

Bien sûr, parce qu’elle est hybride, elle est particulièrement silencieuse. D’autant que, chaque fois que l’on démarre le ­moteur, c’est d’abord la motorisation ­hybride qui s’anime, ne faisant absolument aucun bruit. Vous aurez compris qu’en deux semaines, il m’est arrivé plus d’une fois de me questionner et de ­réappuyer sur le bouton, histoire de m’assurer que tous les systèmes étaient bien en fonction.

Mais même en version à essence, la Camry s’avère plutôt silencieuse, du point de vue mécanique à tout le moins. Car sur autoroute, à vitesse permise, les bruits éoliens sont parfois un peu trop présents, au point de se demander si la fenêtre n’était pas mal fermée.

Silencieuse aussi du côté de la ­direction, mais cette fois ce n’est pas ­nécessairement un compliment. On ­aimerait, au contraire, qu’elle soit un peu plus bavarde et qu’elle nous transmette un peu plus d’information sur la ­chaussée elle-même.

Une disette d’information qui se traduit aussi par un silence un peu trop grand de la part des suspensions qui absorbent tous les inconforts de la route. Une bonne nouvelle en matière de confort pour les occupants, mais un peu moins en ­matière de transfert de poids, puisque la trop grande souplesse des suspensions se ­traduit par un imposant roulis lors de ­virage un peu trop énergique. Sachez ­cependant que, traditionnellement, le conducteur de Camry, et à plus forte ­raison celui de Camry hybride, n’effectuera pas ce genre de virage dynamique.

Un bon mot cependant pour le contrôle de traction qui s’est avéré, ma foi, plutôt efficace. C’est au volant de la Camry ­hybride que j’ai affronté la première véritable chute de neige et le déneigement aléatoire de certaines artères sans jamais éprouver de véritables difficultés. Bien sûr, il fallait conduire avec prudence, mais le système parvenait à conserver l’adhérence quasi en toutes circonstances, ce qui me permettait des départs des intersections plutôt sans souci.

Le charme de l’économie

La grande beauté de la Toyota Camry ­hybride, c’est sa capacité à remplir ses promesses en matière de consommation. Imaginez, plus de deux semaines à son volant, des centaines de kilomètres ­parcourus dont plus de 75 % en ville, des allers-retours entre la maison et la région montréalaise et même une journée ­fortement glaciale, pour maintenir malgré tout une moyenne de consommation d’environ 7 litres aux 100 kilomètres! À titre d’exemple, sachez que j’ai fait trois allers-retours dans la région ­montréalaise, que j’ai passé tout mon temps des fêtes à utiliser la voiture pour mes courses de Noël et que nous n’avons quasiment jamais pris la voiture de mon épouse au cours de la même période. Au final, il m’aura coûté moins de 65 $ d’essence (avec un litre ­variant aux environs de 1,04 $) pour tout ce parcours.

Bien sûr, le constructeur promet mieux, mais dans les circonstances, je l’avoue, l’économie de carburant m’a fortement impressionné. Tout cela avec un moteur 4 cylindres de 2,5 litres développant 156 chevaux, jumelé à un moteur électrique de 141 chevaux. La conjugaison des deux permet des accélérations plus que suffisantes et des résultats impressionnants.

J’avoue que le freinage n’est pas aussi progressif qu’on pourrait le souhaiter (gracieuseté du système de récupération d’énergie), que le mode EV seulement est difficile à maintenir, que l’habitacle, bien que passablement équipé sur notre ­version XLE, n’en est pas moins un ­tantinet ennuyeux et que l’espace de chargement n’est pas aussi vaste qu’on pourrait le souhaiter, gracieuseté de ­l’espace occupé par les batteries.

La Toyota Camry n’est pas parfaite, loin de là. Mais ceux qui l’achètent le font pour quelques raisons fort simples : ­fiabilité, confort et économie. De ce point de vue, je n’ai rien, mais vraiment rien à redire.

Photo Toyota

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