8 août 2019
Il revient tout juste du Championnat du monde junior
Édouard Proulx, jeune prodige du BMX
Par: Maxime Prévost Durand

Édouard Proulx a terminé dans le top 40 de son groupe d’âge au Championnat du monde junior de BMX, où ils étaient plus de 150 pilotes en action. Photo François Larivière | Le Courrier ©

À l’âge de 15 ans, Édouard Proulx compte déjà deux participations au Championnat du monde de BMX. Depuis plusieurs années, le pilote de Saint-Valérien-de-Milton ne cesse d’impressionner tant sur la scène provinciale que canadienne, où il cumule les honneurs et les titres. Un jeune prodige, quoi!

Pourtant, c’est un adolescent humble que LE COURRIER a rencontré récemment alors qu’il revenait tout juste de la Belgique, où il a participé à son second Championnat du monde junior en trois ans. Dans son groupe d’âge, où ils étaient plus de 150 athlètes, Édouard a réussi à faire sa place dans le top 40 et à atteindre les huitièmes de finale, soit la meilleure performance canadienne à ce rendez-vous, a rapporté dans un communiqué la Fédération québécoise des sports cyclistes.

« J’avais comme objectif d’atteindre les quarts de finale », lance le Valériennois, avec une pointe de déception dans la voix qui témoigne bien son ambition.

Il faut dire que tout ne s’est pas déroulé comme prévu pour lui. Quelques jours à peine avant la compétition, alors qu’il était déjà en sol belge, Édouard s’est blessé à l’entraînement lorsque son guidon s’est fracassé à l’atterrissage d’une manœuvre. Résultat : un muscle de l’épaule en hyper extension et du repos forcé pour les dernières journées avant la compétition. Et il a également dû trouver un nouveau guidon à temps pour le début de l’épreuve.

Heureusement, cela ne l’a pas empêché de se présenter sur la ligne de départ. « Le matin de la compétition, je n’étais pas à 100 %, mais j’étais quand même environ à 75 % ou 80 % », confie-t-il.

La vague de qualification, qui se déroule en trois étapes, a été ardue pour lui. Au 5e rang de son groupe après la première course, puis au 6e rang après la seconde, Édouard voyait ses chances d’avancer en ronde éliminatoire devenir plutôt minces.

« J’étais un peu détruit après la deuxième course. J’étais obligé de gagner la suivante si je voulais passer en seizième de finale. Mais je me suis dit, vas-y, fais-toi du fun. J’ai été 3e tout au long de la course, puis dans le dernier virage, les deux premiers se sont accrochés et je me suis retrouvé 1er. Ça m’a permis d’avancer à l’étape suivante. »

En seizième de finale, il a pris la 4e place de sa vague, soit la dernière qui donnait accès au tour suivant, en huitième de finale. Il faisait toutefois partie de la vague la plus forte et il est parti à la porte qui donnait sur l’extérieur du premier virage, ce qui l’a nettement désavantagé. C’est à cette étape que son parcours s’est finalement terminé, si près de l’objectif qu’il s’était fixé

Membre de l’équipe NextGen

Quadruple champion canadien et sextuple champion québécois, Édouard Proulx a intégré cette année l’équipe nationale NextGen de BMX, dont il est le plus jeune membre. Cette équipe vise à encadrer et à faire progresser la prochaine génération de pilotes qui est projetée au sein de l’équipe nationale.

Non seulement l’athlète de Saint-Valérien s’illustre dans son groupe d’âge lors des championnats canadien et québécois, mais il surpasse même les athlètes plus vieux que lui durant la saison, notamment lors des épreuves de la Coupe Québec et de la Coupe Canada. « Chaque année, je suis surclassé depuis que j’ai 10 ans », relate Édouard.

Même s’il n’a que 15 ans, celui que tout le monde surnomme « Bazou » en est déjà à sa deuxième saison à se mesurer aux athlètes de 17 ans et plus. « La première année, c’était un peu impressionnant, avoue-t-il. J’étais capable de rouler autant qu’eux, mais quand j’arrivais en peloton, j’étais craintif. Maintenant, ça a débloqué. »

Depuis cette année, il défend les couleurs de la nouvelle équipe Hevo BMX Racing Team, créée par des parents d’athlètes, dont son père, Joël Proulx, afin que les jeunes puissent se rassembler sous une même bannière lors des compétitions.

« C’est comme une grosse famille, autant pour les athlètes que pour les parents. Dans les valeurs qu’on veut inculquer aux jeunes, c’est d’avoir du fun, même si c’est un sport de compétition », mentionne Joël Proulx.

Coûteuse élite

En étant parmi les tout meilleurs de sa discipline, Édouard est appelé à voyager à travers le Québec et le Canada pour participer aux différentes compétitions, voire même à l’extérieur du pays pour des rendez-vous encore plus prestigieux comme le Championnat du monde. Au total, il estime à plus de 20 000 $ le coût d’une saison.

Ces frais, ce sont lui et sa famille qui doivent les assumer en grande partie, si bien que l’adolescent travaille avec son père cet été pour aider à payer une partie de ces coûts.

Heureusement, le soutien financier se fait de plus en plus présent pour le pilote de Saint-Valérien, qui a notamment reçu une bourse d’excellence de Saputo cette année, en plus de compter sur l’apport de quelques commanditaires qui lui ont permis de débourser une partie des frais reliés à sa participation au Championnat du monde. Les sacrifices sont néanmoins nombreux pour la famille Proulx afin que leur fils cadet puisse poursuivre son rêve.

À court terme, Édouard se rendra justement à Calgary la semaine prochaine pour prendre part aux deux dernières épreuves de la Coupe Canada, dont il est le meneur présentement. Il projette également de participer l’année prochaine à son troisième Championnat du monde junior, alors que celui-ci sera disputé à Houston, au Texas. À plus long terme, il pourrait même être l’un des beaux espoirs canadiens en vue des Jeux olympiques de 2024, mais seul le temps nous le dira.

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