7 juin 2012
La Maskoutaine Annie Moniqui ira aux Jeux olympiques
« Elle mérite tout ce qui lui arrive »
Par: Maxime Desroches
Le rêve olympique d'Annie Moniqui, qui réside à Saint-Liboire, s'est matérialisé aux championnats canadiens d'haltérophilie, dimanche, à La Prairie.

Le rêve olympique d'Annie Moniqui, qui réside à Saint-Liboire, s'est matérialisé aux championnats canadiens d'haltérophilie, dimanche, à La Prairie.

Il y a à peine deux mois, Annie Moniqui ne donnait pas cher de ses chances de s’emparer de l’un des trois laissez-passer canadiens à l’enjeu pour l’épreuve d’haltérophilie des Jeux olympiques de Londres.

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En mars, après la Classique québécoise d’haltérophilie, la Maskoutaine d’adoption, qui lève chez les 58 kilos, figurait au cinquième rang derrière les Québécoises Christine Girard, Marie-Ève Beauchemin et Marilou Dozois-Prévost, ainsi que la Yukonnaise Jeane Lassen. Elle se préparait néanmoins avec sérieux dans le rôle de substitut, sachant pertinemment qu’une blessure est vite arrivée.

C’est précisément ce qui s’est produit lorsque Dozois-Prévost, jusque-là détentrice de la troisième et dernière place disponible, a subi une luxation du coude gauche, il y a deux semaines, aux Jeux panaméricains, la forçant à se retirer de la course. Une porte s’est entrouverte pour Moniqui, et elle n’avait pas l’intention de la laisser filer.Dimanche, à La Prairie, l’athlète de 22 ans originaire de Godmanchester, près de Valleyfield, a réussi la meilleure performance de sa carrière lors des championnats nationaux, la dernière épreuve de qualification en vue du grand rendez-vous olympique. Son cumulatif de 202 kilos, son meilleur en carrière, lui a permis de distancer Lassen au fil d’arrivée. Qui plus est, elle a raté de peu son troisième et dernier essai à l’arraché, lequel aurait égalé la marque canadienne établie par Maryse Turcotte (91 kg). Elle avait précédemment réussi ses barres de 86 et 89 kilos, tandis que son épaulé-jeté de 112 kilos établissait un autre record personnel.

Un bon stress

Au lendemain de cette journée chargée en émotions, la principale intéressée a admis avoir encore peine à croire qu’elle s’envolera pour l’Angleterre à la fin juillet.

« Avant même le début de la compétition, j’étais émotive. Il faut croire que c’était un bon stress qui m’a envahie car j’ai levé au meilleur de mes capacités. Je me préparais plus en fonction des Jeux de 2016, mais je n’ai aucun problème à faire mes valises pour le mois de juillet! », lance celle qui s’entraîne au Club La Machine Rouge sous la supervision du Maskoutain et ancien olympien Yvan Darsigny depuis maintenant quatre ans.Ce dernier occupe officiellement, pour l’instant du moins, le rôle d’entraîneur-substitut avec l’équipe canadienne, de sorte qu’il ignore s’il pourra mentorer sa jeune protégée à Londres. Le comité olympique tranchera dans les prochaines semaines à savoir si Darsigny épaulera l’instructeur-chef de la délégation canadienne, Guy Marineau.« C’est certain que je souhaite l’accompagner dans son expérience aux Jeux. Michel Piétracupa et moi, on s’est revus en Annie lors de la compétition, dimanche. Elle mérite tout ce qui lui arrive car c’est une travailleuse acharnée. Elle a gagné énormément en force et en confiance en une courte période de temps. Sa place, elle ne l’a pas volée. »

Des attentes réalistes

À quel genre de performance peut-on s’attendre d’Annie Moniqui pour ces fameux Jeux olympiques?

« Depuis hier (dimanche), plusieurs personnes me parlent de la possiblité d’une médaille olympique. De mon côté, je reste réaliste. Je sais que le podium est probablement hors d’atteinte. Si je réussis 91 kilos à l’arraché, ce sera déjà une grande victoire pour moi. J’aborde mon passage là-bas comme un apprentissage en vue des Jeux de 2016. »Au programme pour la jeune haltérophile : un repos d’une durée de sept jours. L’entraînement intensif d’Annie reprendra ensuite avec pour objectif d’atteindre le sommet de sa forme autour du 28 juillet, date du début des épreuves d’haltérophilie.

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