2 août 2012
Annie Moniqui loin de ses attentes
« Elle semblait nerveuse dès son premier essai »
Par: Maxime Desroches

Une vingtaine d’amis, de membres de la famille et de coéquipiers du club d’haltérophilie La Machine Rouge étaient rassemblés à Saint-Liboire, lundi matin, afin d’assister à la performance olympique d’Annie Moniqui, qui levait dans la catégorie des 58 kilos.

publicité

Le niveau de confiance était élevé dans le camp de l’haltérophile de 22 ans. Après tout, la Maskoutaine d’adoption avait atteint de nouveaux sommets lors des championnats canadiens, la dernière épreuve de qualification, le 2 juin. Elle avait alors levé un cumulatif de 201 kilos (89 kilos à l’arraché, 112 à l’épaulé-jeté), éclipsant son meilleur total en carrière par plus de 10 kilos.

Moniqui se sentait capable d’atteindre de tels chiffres sous les réflecteurs de Londres. Sauf qu’une multitude de facteurs l’ont ralentie, de sorte qu’elle a peiné à lever 190 kilos, un cumulatif qui lui a valu la 16 e position.« Tant à l’arraché qu’à l’épaulé-jeté, elle s’est donné des barres très accessibles. Même qu’elle a été conservatrice compte tenu de sa progression récente », raconte le copain d’Annie, Dominic Lussier, lui aussi haltérophile de haut niveau.« On suit Annie dans toutes ses compétitions depuis assez longtemps pour savoir que quelque chose clochait. Son langage corporel n’augurait rien de bon à son arrivée sur le plateau. Elle semblait nerveuse dès son premier essai à l’arraché », note son entraîneur, l’ancien médaillé olympique Yvan Darsigny.

Insécure de nature

Dominic Lussier ne se gêne pas pour clamer que le scénario aurait pu être bien différent pour l’athlète de 22 ans si son entraîneur avait été dans son coin, en raison de l’influence positive de celui-ci.

« Sans la brusquer, Yvan a cette capacité de soutirer le meilleur d’Annie. Il sait la motiver et la mettre en confiance. Puisqu’elle est une éternelle insécure, sa présence aurait eu un effet apaisant sur Annie. »L’instructeur de La Machine Rouge abonde dans le même sens.C’est difficile à regarder car on se sent impuissant. On aimerait être là pour la calmer, car Annie, c’est une vraie boule d’émotions. Elle a sûrement passé les journées précédant la compétition à se morfondre au lieu de faire le vide et de profiter de l’expérience des Jeux. »

Une préparation irréprochable

Chose certaine, la préparation d’Annie Moniqui pour cette première participation aux Jeux olympiques était impeccable, croit son entourage. D’ailleurs, à peine une semaine avant son envolée pour l’Angleterre, elle avait aisément levé à l’entraînement 85 et 106 kilos à l’arraché et à l’épaulé-jeté.

Même après s’être qualifiée pour l’épreuve olympique, l’haltérophile a fait le choix audacieux de poursuivre sa routine exigeante. En plus de son entraînement rigide, Annie a continué de travailler à raison de 30 heures par semaine à la clinique Robert-Daigneault, où elle est thérapeute en réadaptation physique.« Lorsqu’on prend un certain recul, on constate que pas plus tôt qu’en mars, un cumulatif de 190 kilos était satisfaisant pour Annie. Elle a simplement atteint son peak en juin alors qu’elle aurait préféré l’atteindre à la fin juillet. »L’athlète de 5 pieds 2 pouces et 128 lbs a sauvé les meubles à l’épaulé-jeté. Après avoir raté chacun de ses deux premiers essais à 105 kilos, on a vu un sourire illuminer le visage de la jeune haltérophile lorsqu’elle a réussi sa troisième et dernière tentative.« Pour l’instant, la déception d’Annie est grande. Je demeure convaincu que la poussière sera retombée à son retour de Londres, le 8 août, et qu’elle tirera du positif de son passage aux Jeux. Après tout, son objectif initial était d’être prête pour Rio, en 2016 », conclut Yvan Darsigny.

image