17 décembre 2015
Centre de congrès
Embauché à Saint-Hyacinthe, puis libéré à Lévis
Par: Martin Bourassa

Courir deux lièvres à la fois est un petit jeu risqué. Parlez-en à Michel Douville, conseiller technique du futur centre de congrès de Saint-Hyacinthe et depuis peu ex-directeur général du centre de congrès de Lévis.

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Son ancien employeur n’a pas tellement apprécié apprendre par la bande que son directeur général collaborait, par l’entremise de sa propre entreprise de consultant, à la mise en oeuvre du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe.

« Quand j’ai appris la nouvelle par les journaux, j’ai aussitôt demandé à M. Douville de choisir son camp et je lui ai offert de partir honorablement. C’est ce qu’il a choisi de faire, a expliqué au COURRIER Pierre Gagné, propriétaire de l’hôtel Four Points by Sheraton Lévis et gestionnaire du centre de congrès de Lévis. Nous nous sommes séparés en bons termes, mais tout n’est pas ­encore réglé. »

Pour Pierre Gagné, il ne fait aucun doute que Lévis et Saint-Hyacinthe seront en compétition, même si M. Douville avait tenté d’atténuer cette perception quand il a été embauché comme ­conseiller technique contractuel à Saint-Hyacinthe à la fin du mois de s­eptembre, pour un montant maximal de 16 000 $.

« Nous serons en compétition dès ­l’ouverture, il n’y a aucun doute là-dessus et si M. Douville ne comprend pas ça, il y a un sérieux problème. Nous devrons donc composer avec un autre centre de congrès à Saint-Hyacinthe, si cela se réalise. ­J’aimerais simplement pouvoir me battre à armes égales. Mais si je me fie à ce que j’ai lu, ce ne sera pas le cas puisque la Ville de Saint-Hyacinthe va injecter 25 M$ dans son centre de congrès. Je trouve cela horrible que les citoyens paient pour ça. Ici à Lévis, c’est le ­promoteur qui se met la tête sur la bûche, pas la municipalité. »

Inauguré en 2008, le centre de congrès de Lévis a été construit au coût de 13,5 M$, dont une participation municipale de 5,3 M$. Le reste a été assumé à parts égales par Québec et Ottawa. Et à écouter M. Gagné, le centre de congrès de Lévis ne roule pas sur l’or, mais arrive à conserver la tête hors de l’eau grâce aux activités hôtelières.

« On ne se fera pas de cachette, un centre de congrès ce n’est pas le ­Klondike. J’espère que la Ville de Saint-Hyacinthe sait dans quoi elle ­s’embarque, car si l’opérateur doit assumer seul les déficits du centre de congrès, il ne fera pas long feu et vous pourriez devoir en changer assez souvent. En revanche, si c’est la Ville qui éponge le déficit, c’est encore les citoyens qui vont payer. Attachez vos tuques… »

Enfin, Pierre Gagné a été étonné ­d’apprendre que la Ville de Saint-­Hyacinthe avait opté pour une formule de bail emphytéotique qui pourrait ­permettre aux centres d’achats Beauward, propriétaire du terrain et partenaire de la Ville, de mettre la main sur le centre de congrès municipal au bout de 40 ans. « À Lévis, c’est le centre de congrès qui reviendra à la municipalité à l’échéance du contrat [de 50 ans]. À mon avis, vous avez choisi l’inverse du bon sens. »

Nous avons tenté sans succès de ­rejoindre Michel Douville afin d’obtenir ses commentaires.

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