18 août 2011
Enfouissement DMS ramené à l’ordre par Québec
Par: Le Courrier
Enfouissement DMS St-Pie vient de se faire rappeler à l'ordre par le ministère de l'Environnement du Québec.

Enfouissement DMS St-Pie vient de se faire rappeler à l'ordre par le ministère de l'Environnement du Québec.

Après des années de non-conformité et de fausses promesses, Enfouissement DMS St-Pie devra rapidement mettre de l’ordre dans les opérations de son site d’enfouissement de matériaux secs à Saint-Pie.

La patience du ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) à son égard a atteint ses limites et il vient de hausser le ton.

L’avertissement a pris la forme d’une ordonnance de 14 points obligeant l’entreprise à fermer correctement son site, et ce, dans les plus brefs délais.Conformément à l’ordonnance émise le 10 août et signée par le ministre Pierre Arcand, Enfouissement DMS St-Pie, dont les activités d’enfouissement ont cessé en janvier 2009, avait jusqu’à hier pour vider son bassin de traitement des eaux de lixiviation, son « jus de dépotoir », et acheminer le tout dans un lieu autorisé.L’entreprise propriété de Transport Raynald Boulay et des Équipements Boulay de Saint-Hyacinthe disposera ensuite d’une semaine supplémentaire pour faire inspecter le site par un ingénieur. Les eaux de lixiviat devront aussi être captées jusqu’à ce que les liquides usés qui s’écoulent vers le ruisseau de la Cenelle, tributaire de la Rivière Noire, rencontrent les normes environnementales du Ministère. Les propriétaires ont 45 jours pour soumettre pour approbation au Ministère les plans et devis des travaux correctifs requis et ils bénéficieront d’un autre délai de 45 jours pour compléter les travaux concernant l’étanchéité du bassin suivant l’approbation.D’ici là, DMS doit entreposer toutes les eaux de lixiviation ou autres eaux contaminées produites par le site et s’écoulant vers le ruisseau de la Cenelle.On accorde aussi aux responsables un an pour capter et évacuer les biogaz produits sur le site. Tout le processus sera suivi de près par le MDDEP qui exige un compte-rendu de toutes les opérations menant à la conformité du site.

Des infractions en quantité

Voilà des années que DMS St-Pie occupe régulièrement les inspecteurs du ministère de l’Environnement.

« À l’occasion des diverses inspections effectuées au fil des ans sur le site du dépôt de matériaux secs, plusieurs contraventions à la Loi sur la qualité de l’environnement, au Règlement sur les déchets solides, au Réglement sur l’enfouissement et l’incinération de matières résiduelles (REIMR) et aux conditions fixées au certificat d’autorisation et au certificat de conformité ont été constatées par les inspecteurs du Ministère », indique l’ordonnance du Ministère.« Plusieurs avis d’infractions ont été transmis (…) notamment pour rejets de contaminants dans l’environnement et pour non-respect des autorisations accordées, et ce de façon systématique après chacune des inspections permettant de constater de tels manquements. Les trop nombreuses contraventions nous empêchent d’en faire un relevé exhaustif », mentionne le document obtenu par LE COURRIER.À la suite de l’adoption du Réglement sur l’enfouissement et l’incinération par Québec en janvier 2006, Enfouissement DMS St-Pie avait décidé de cesser ses activités au plus tard le 19 janvier 2009.Or, le 31 mars 2009, deux mois après la date de fermeture du site prévu, des inspecteurs du MDDEP ont confirmé que le dépotoir était bel et bien recouvert, mais que le processus n’était pas conforme. « Un liquide noirâtre formant une écume blanche duquel émane une odeur d’oeuf pourri s’écoule de l’exutoire et se déverse directement dans le fossé de drainage vers le ruisseau de la Cenelle », peut-on apprendre dans le document de plusieurs pages.De tels déversements ont à nouveau été constatés ces derniers mois, forçant l’intervention plus musclée du Ministère à l’endroit de l’entreprise.« Malgré les nombreux échanges et l’ouverture dont a fait preuve le Ministère à l’égard de l’entreprise afin que celle-ci corrige les nombreuses lacunes identifiées, il appert qu’à ce jour les dispositions applicables ne sont toujours pas entièrement respectées et que cette exploitante contrevient encore à certaines de ses obligations sur le plan environnemental », mentionne l’ordonnance à l’endroit de DMS St-Pie.L’ultimatum lancé par le Ministère semble avoir été accueilli avec grand bonheur par les autorités municipales. « Cette fois, c’est la bonne, a confié le maire de Saint-Pie, Pierre St-Onge. On a été a même de constater que ça bougeait sur le site. »Mais le maire sera satisfait que lorsque le site sera entièrement fermé. « Je serai vraiment content quand il n’y aura plus de pollution à cet endroit. » Raynald Boulay n’a pas rappelé LE COURRIER.

image