4 juillet 2013
Enseigner, c’est aimer
Par: Le Courrier

En 1877, à la demande de Mgr Louis-Zéphirin Moreau, Élisabeth Bergeron a fondé une communauté d’enseignantes, les soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe.

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Entre 1893 et 1961, plus de 250 jeunes filles ont fait profession chez les soeurs de Saint-Joseph et elles ont consacré leur vie à l’enseignement. Elles ont servi de modèle à bon nombre de leurs élèves qui, toutes petites, jouaient à la maîtresse d’école avec leurs frères et soeurs, leurs amis ou leurs toutous.

Avant d’opter pour le couvent, Michelle Gill avait passé des examens pour entrer à l’école des infirmières de l’hôpital Sainte-Justine et elle avait été acceptée. « Ça tombait bien, car je ne voulais pas devenir enseignante, métier qu’avait exercé ma mère. Mais, la lettre de Sainte-Justine parlait de certaines difficultés que j’aurais sans doute au niveau de la pratique par rapport à la théorie et ça m’a fait réfléchir. J’ai alors décidé que j’allais être religieuse. J’avais été grandement inspirée par toutes celles qui m’avaient enseigné et en entrant chez les soeurs de Saint-Joseph, je savais que j’avais la possibilité de poursuivre mes études. Tandis que je me préparais à aller faire de la recherche, à Sherbrooke, on m’a suggéré d’aller enseigner dans une classe du primaire, à Saint-Paul-d’Abbotsford et là, j’ai vraiment eu la piqûre », indique soeur Michelle qui, par la suite, a enseigné la biologie pendant près de 20 ans, à l’école secondaire Saint-Joseph. « Je pense à cette période et ce n’est que du bonheur! », s’exclame-t-elle. Droite et fière du haut de ses 86 ans, Soeur Thérèse Larivière, elle, donne encore des cours de français aux immigrants. Sa passion pour l’enseignement est demeurée intacte. Elle est entrée au couvent à l’âge de 17 ans et elle a enseigné au primaire et au secondaire pendant 40 ans. « Je me suis beaucoup promenée, d’une école à l’autre, et j’ai même enseigné la catéchèse à des jeunes garçons. Cette idée ne me plaisait pas, à première vue, mais le directeur de l’école de l’époque, une certain M. Bernier (Claude Bernier, maire de Saint-Hyacinthe) ne m’a pas laissé le choix, dit soeur Thérèse en riant de bon coeur. « L’enseignement, c’est un art, pas une profession. Et ce n’est pas une question d’âge. Je ne me sens pas rabougrie du tout. Merci mon Dieu! D’ailleurs, je m’occupe d’un nouveau projet ces jours-ci, la confirmation d’un adulte, et j’ai l’impression d’avoir 20 ans à nouveau », poursuit-elle, joyeuse. Soeur Huguette Gagnon a quant à elle enseigné quelque temps au Québec puis, pendant plus de 30 ans à des tout-petits de maternelle et de première année, au Manitoba. C’est auprès d’eux qu’elle a appris à parler anglais. « Ils étaient comme mes enfants. Je les entends encore me dire « not that way, sister! », alors qu’ils corrigeaient les fautes d’anglais que je faisais au début.  « Quand ils réussissaient, je mettais une étoile dans leur cahier et ça les rendait heureux. Durant tout ce temps, je n’ai jamais cessé de m’émerveiller de voir les enfants apprendre », avoue-t-elle. Toutes trois ont profondément aimé « leurs enfants » et elles leur ont transmis des valeurs qui leur étaient chères : la confiance en soi, la patience, l’acceptation des autres tels qu’ils sont et l’entraide. Leurs yeux brillent lorsqu’elles se souviennent des beaux moments vécus en classe. À coup sûr, la passion est encore bien présente dans leur coeur!

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