10 octobre 2013
Entre croyances et doutes
Par: Denyse Bégin

Dieu existe. Elles en sont convaincues. Elles pourraient fort bien se limiter à cette idée et mener une existence tranquille, à l’abri des soubresauts de la vie en société. Pourtant, toutes les trois ont choisi d’embrasser le monde avec leur bagage individuel fait de foi, d’amour et de compassion. Leur quête spirituelle ne prendra jamais fin et elle s’accompagne d’une responsabilité envers les autres, affirment-elles.

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« Je ne vois pas ça comme un luxe, le fait d’avoir le temps de m’interroger, au quotidien, sur le sens de la vie, mentionne soeur Céline Comeau. Je considère plutôt que c’est une chance, mais elle vient avec une grande responsabilité. Il faut rendre compte de notre espérance et être des témoins de Dieu dans nos vies. C’est le grand bonheur de ma vie, de savoir que j’ai été créée pour faire la volonté de Dieu et pour exprimer sa tendresse », avoue la religieuse, originaire de Granby.

« Moi, je suis une chercheuse, indique soeur Lise Berger. Ma pensée oscille constamment entre croyances et doutes, alors je cherche. J’ai la conviction profonde que Dieu existe, cette certitude vient d’une expérience spirituelle très forte vécue à l’âge de 15 ans, mais je poursuis ma quête, chaque jour, en étant en contact avec mon « moi intérieur », et en m’intéressant à la quête spirituelle des autres, ceux que je rencontre, comme ceux que je lis. » La quête de sens, chez soeur Ghislaine Salvail, se traduit par une vie de prière bien remplie. Si la spiritualité est la respiration de son âme, comme elle aime à le dire, alors la prière, c’est le battement de son coeur. Depuis 30 ans, elle s’adonne à la lectio divina, une pratique religieuse qui date du Moyen-Âge et qui module le début de chacune de ses journées : lecture, méditation, prière et contemplation. Il y a aussi les laudes, les vêpres, l’eucharistie, l’oraison quotidienne, un temps d’adoration, et le chapelet, qui n’est pas obligatoire, mais qu’elle aime bien réciter en se promenant dehors et en priant pour tous ceux qu’elle croise et qui lui en font la demande. « Je chercherai jusqu’à ma mort, affirme soeur Lise, du haut de ses 77 ans. La spiritualité, ça doit être incarnée. Je ne sais aucune prière par coeur. Ma prière à moi, elle se vit au quotidien, dans mes questionnements et dans le contact que j’établis avec Dieu », précise-t-elle. « Que l’on soit croyant ou non, on cherche tous un sens à sa vie, indique pour sa part soeur Ghislaine. Les gens que le doute habite ont mon respect. Je doute de la foi de celui qui ne doute jamais! » « Ma vie spirituelle s’appuie sur la personne de Jésus-Christ, mentionne soeur Céline. Il m’apprend à devenir humaine parce que lui-même a été l’humain le plus réussi qui soit. Incarné, il a choisi la fragilité et la pauvreté afin de partager notre condition d’humain. Mais il a une longueur d’avance sur nous, celle de son lien avec Dieu le Père et surtout, son père. Il est venu nous dire, à tous, aux simples bergers comme aux « chercheurs de Dieu », les rois mages, que nous sommes précieux et ça, c’est formidable », dit-elle, heureuse. NDLR : des textes de chacune des entrevues sont en ligne à www.begin-communications.com . Parmi les auteurs préférés de ces trois grandes lectrices, notons l’abbé Henri Boulad, Edith Stein, Simone Pacot, Gabriel Ringlet, Maurice Zundel, Simone Weil, Albert Jacquard, Albert Nolan et Roger Schutz de Taizé.

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