7 novembre 2013
Carte postale de Louis-Philippe Surprenant
Entre l’océan et les montagnes
Par: Le Courrier

Qui eût cru qu’un voyage en Europe pouvait mener jusqu’à Vancouver? C’est pourtant l’histoire du Maskoutain Louis-Philippe Surprenant. Après avoir terminé ses études universitaires en enseignement, il a décidé de se payer un cadeau : un voyage en Europe. Il était loin de se douter que sa balade sur le Vieux Continent le mènerait ensuite vers la côte ouest canadienne.

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« J’ai vraiment eu la piqûre pendant le voyage. Je découvrais de nouveaux lieux, une nouvelle culture et j’avais envie que ça continue. C’est pendant le voyage que j’ai eu l’idée de commencer ma carrière quelque part, n’importe où, mais ailleurs que chez nous », raconte-t-il aujourd’hui depuis Coquitlam, une ville située à une quinzaine de kilomètres à l’est de Vancouver qui compte la plus importante communauté francophone de la Colombie-Britannique.

Là-bas, Louis-Philippe a rapidement obtenu un poste assuré d’enseignant en sciences au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. « Des professeurs francophones spécialisés en sciences, ça ne court pas les rues par ici. Il y a plus d’opportunités d’emplois. Par contre, puisque l’école est petite, il n’y a qu’une classe par niveau, ce qui fait en sorte que la charge de travail est plus grande que ce que j’aurais probablement au Québec. Je peux avoir de 6 à 9 programmes différents à enseigner par année, ce qui veut dire autant de planifications », dit celui qui enseigne cette année aux groupes de 7e, 8e, 9e et 10e année, au régulier et à l’international, en plus d’enseigner la chimie en 11e année.« Disons que ça me tient bien occupé! »La communauté francophone au sein de laquelle il s’est fait une place est bien représentée dans le grand Vancouver avec son centre jeunesse, sa chambre de commerce, son centre culturel et son théâtre. « Je comprends mieux l’expérience de vivre dans une communauté minoritaire. Je comprends mieux comment s’organisent les communautés de Montréal et l’importance que les immigrants accordent à se retrouver entre eux et à promouvoir leur culture », explique Louis-Philippe.

Le royaume du plein air

En plus de trouver un bon emploi, Louis-Philippe a trouvé à Vancouver le paradis du sport et du plein air, dans un climat doux, où le mercure passe rarement au-dessous de zéro.

« Il y a des périodes de l’année où l’on peut jouer au volley-ball de plage en après-midi et aller faire du ski à la montagne le soir. Si je faisais du surf, je pourrais surfer sur l’eau et sur la neige le même après-midi! »De fait, pas moins de quatre montagnes de ski se trouvent à une vingtaine de minutes de la ville. « C’est comme si après le travail, vous partiez skier à Saint-Hilaire, mais sur une plus grosse montagne. C’est vraiment juste à côté. »Vancouver offre aussi une panoplie d’activités en plein air, notamment plusieurs opportunités de randonnées. À une vingtaine de minutes du centre-ville, les amateurs pourront grimper des montagnes de la taille du Mont-Tremblant. Ceux qui veulent admirer les Rocheuses iront du côté de Whistler, à deux heures de Vancouver, pour des paysages saisissants. Et pour ceux qui visiteraient la région pour la première fois, de beaux circuits permettent de se délier les jambes avec, en prime, une vue imprenable sur la ville et sur la Baie de Vancouver. C’est le cas notamment dans le Lighthouse Park, au nord du fleuve Fraser. Pour les curieux qui visiteraient à l’automne, il est possible d’observer les saumons remontant les rivières sur l’île de Vancouver – à ne pas confondre avec la ville. Mais attention! Il n’est pas question de vouloir toucher à quoi que ce soit et encore moins de se pêcher un souper : les autochtones veillent au grain.« En Colombie-Britannique, les Autochtones ont joué un rôle important dans la protection de l’environnement. Ils sont très actifs sur le terrain et ils ont un poids politique non négligeable. Ça ne ressemble pas à la relation qu’on a avec les Premières Nations au Québec. On parle autant des Autochtones dans l’éducation à Vancouver que des Patriotes dans l’éducation au Québec. »Pas étonnant, dans les circonstances, de constater les ressources investies dans le développement durable. « Au centre-ville de Vancouver, tout est fait pour les cyclistes et les piétons. C’est comme le Plateau Mont-Royal à la grandeur! Aux intersections, il suffit d’appuyer sur le bouton et la lumière nous donne immédiatement la priorité de passage. Le vélo, c’est sans aucun doute le moyen de transport le plus efficace. »Bien qu’il soit un peu lent, le SkyTrain est aussi une belle façon de circuler tout en découvrant Vancouver du haut des rails qui surplombent la ville. « Certains points de vue permettent de constater dans son ensemble la situation géographique de Vancouver, entre l’océan et les montagnes, littéralement. »« Le gros avantage de Vancouver, c’est qu’on a tous les bénéfices d’une grande ville, mais sans avoir une énorme population, ajoute Louis-Philippe. Par exemple, on a des équipes de sports professionnels de hockey, de football et de soccer, mais avec des places dans les gradins pour la moitié du prix. Je ne me prive pas d’aller voir les Canadiens chaque fois que l’équipe est en ville! »

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