31 mai 2012
Et ça continue!
Par: Pierre Bornais

Alors que toute l’attention est exclusivement tournée vers la « crise sociale » en cours, la vie continue.

Alors que toute l’attention est exclusivement tournée vers la « crise sociale » en cours, la vie continue.

Notamment à Ottawa, où des décisions du gouvernement Harper vont causer des préjudices graves – et durant longtemps – à de nombreux citoyens. Il en est une qui est particulièrement pernicieuse car elle constitue un autre transfert de responsabilités vers les provinces. Et à ce titre, elle devrait intéresser tous les citoyens. Il s’agit des modifications apportées à l’assurance emploi. Les nouvelles conditions viendront fragiliser le filet social qui protège certaines communautés moins favorisées et plus éloignées. Certes on peut questionner les raisons qui sous-tendent l’utilisation de ce programme pour venir en aide à des personnes ayant perdu leur emploi ou soumises à des emplois précaires. Mais il ne faudrait pas oublier la provenance des fonds de l’assurance emploi, à savoir les cotisations des entreprises et des travailleurs; et toute modification en profondeur des règles du jeu devrait en principe recevoir leur approbation préalable. La réalité est différente car le fédéral n’a jamais éprouvé de scrupule à utiliser ces fonds à sa convenance et selon son orientation politique. Il y a fort à parier que les mesures envisagées disqualifieront un bon nombre de personnes qui ne seront pas en mesure de remplir les nouveaux critères d’admissibilité. À titre d’exemple, l’obligation d’accepter un travail à une heure de route – même avec un salaire moindre – en découragera plusieurs à cause notamment des coûts de transport et du temps passé sur la route. Elles se retrouveront alors sur l’aide sociale, de compétence provinciale; et ce sera une nouvelle charge imposée par le fédéralisme à la Harper à ses « partenaires ». Dans le « printemps érable », il n’y a pas que le conflit étudiant et la Loi 78; il ne faudrait pas l’oublier. -30-

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