19 septembre 2013
Peinture
Étalage rétrospectif pour Patrick Foisy
Par: Le Courrier

Après 13 années à appliquer son art sur des toiles, le peintre maskoutain Patrick Foisy n’a pas eu trop de difficultés à choisir quels tableaux il exposerait pour sa rétrospective. Il a seulement tapissé les murs du bar Le Zaricot avec des oeuvres tirées de ses périodes créatives préférées. Surréalisme, abstraction et paysages nocturnes de la ville seront présentés jusqu’au 1 er octobre.

« Plusieurs personnes n’avaient pas eu la chance de voir l’entièreté de mes oeuvres, alors je trouvais qu’une rétrospective était tout indiquée », explique l’artiste de 34 ans.

Une vingtaine de toiles ont trouvé refuge sur les murs déjà chargés du Zaricot. Même si le bar n’a rien d’une salle d’exposition avec son éclairage tamisé, Patrick Foisy ne regrette pas son choix. « J’aime l’ambiance de cet endroit et surtout, je trouve que les propriétaires ont une belle ouverture envers l’art et les artistes. »Le domaine artistique a exercé son attraction sur le Maskoutain dès l’âge de huit ans. Si au départ la peinture revêtait un aspect thérapeutique, elle s’est vite transformée en une passion. « Je peins aussi lorsque je suis heureux, sinon je me serais rapidement lassé », soutient M. Foisy. Celui qui a effectué un retour aux études l’automne dernier a aussi exploré d’autres courants, dont le surréalisme et l’abstraction. Sa plus récente série s’inscrit dans cette lignée. « Je l’ai appelée Fracture, car c’est une fracture avec ma période précédente (le surréalisme). Je sentais le besoin d’aller plus loin, car les toiles abstraites permettent souvent de communiquer des émotions qu’on ne pourrait extérioriser autrement », indique le peintre. « Je suis incapable de faire des toiles qui n’ont pas de liens avec moi », poursuit-il. Avec raison, puisque pour sa série surréaliste, il a laissé son coup de pinceau être guidé par ses rêves et son inconscient.On se retrouve donc à observer un amalgame de métal, de technologie et de déserts monolithiques, chacune des toiles laissant une étrange impression de science-fiction.

Solitude

« Ma soeur me décrit souvent comme un solitaire avec du monde pas trop loin », s’exclame Patrick Foisy. Cela transparaît dans son art, surtout lorsqu’on contemple ses fameux paysages nocturnes.

« L’humidité a toujours été une source d’inspiration pour moi. La lumière qui se dégage des journées de pluie est incroyable. Ça peut sembler mélancolique, mais pour ma part, j’y vois surtout une grande beauté », décrit celui qui n’hésite pas à sortir les soirs de pluie pour capturer sur pellicule ses endroits favoris de la ville dans de telles conditions.Parmi ses tableaux favoris de la collection, on retrouve une scène sur la rue des Cascades ainsi que la circulation dans le tunnel de la rue Sainte-Anne. « J’aime Saint-Hyacinthe et j’avais envie de peindre les endroits qui me tiennent à coeur et non pas ceux qui sont associés à la ville », soutient-il, en faisant allusion au Marché public ou encore à la Porte des anciens maires. Aucun personnage, à l’exception de deux oeuvres rappelant vaguement les statuettes à l’effigie de Vénus, ne figure sur les tableaux de Patrick Foisy. Sans l’affirmer d’emblée, il soupçonne que cette absence humaine coïncide avec son besoin de solitude et son attirance pour les journées pluvieuses. Laissant beaucoup de place à l’interprétation, les toiles de l’exposition rétrospective de Patrick Foisy sont faites à base de peinture à l’huile et à l’acrylique et seront présentées jusqu’au 1 er octobre au bar Le Zaricot.

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