8 février 2018
États d’amour, l’album « fondamental » d’Isabelle Boulay
Par: Maxime Prévost Durand
« En vérité, c’est un peu comme le jumeau d’États d’amour, mais 20 ans plus tard » - Isabelle Boulay  Photo Claude Gassian

« En vérité, c’est un peu comme le jumeau d’États d’amour, mais 20 ans plus tard » - Isabelle Boulay Photo Claude Gassian

Il y a 20 ans, une jeune rouquine du nom d’Isabelle Boulay prenait d’assaut les ondes radiophoniques avec « Le saule », « Je t’oublierai, je t’oublierai », « Tombée de toi » et « J’ai mal à l’amour ». Avec États d’amour, son deuxième album en carrière, la Gaspésienne s’imposait dans le paysage musical québécois avec des chansons qui ont, encore aujourd’hui, une forte résonance.

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« Pour moi, cet album a été vraiment fondamental », lance-t-elle au bout du fil, à peine revenue de France où elle a été juge pour Destination Eurovision à la fin janvier. Lorsqu’on lui souligne le vingtième anniversaire d’États d’amour, elle se replonge dans les souvenirs. « Les gens m’appelaient “le saule inconsolable” quand ils me voyaient, se rappelle-t-elle, le sourire dans la voix. Ça prouve à quel point le lien s’est fait avec le public [à travers cette chanson]. »
Si cet album a été marquant pour le public, il l’a été tout autant pour la chanteuse. Elle s’en est d’ailleurs inspiré lors de la création de son plus récent disque, En vérité, paru l’an dernier.
« Pour En vérité, je voulais me sentir comme je me sentais en enregistrant États d’amour. […] Il n’y avait pas eu de compromis. J’avais pu travailler avec des réalisateurs auxquels je rêvais et des compositeurs que j’aimais beaucoup. »
Pour ce 11e album studio, la liste de collaborateurs est impressionnante. Cœur de Pirate lui a écrit la surprenante « Nashville », Carla Bruni et Julien Clerc ont signé « Un garçon triste », Alex Nevsky a composé « Le train d’après » et Benjamin Biolay, également réalisateur d’En vérité, a offert « Toi moi nous » et « Mon amour (la supplique) ».
« En vérité, c’est un peu comme le jumeau d’États d’amour, mais 20 ans plus tard », image Isabelle Boulay. Pour ce projet, elle n’a fait aucun compromis, se permettant d’explorer et d’exploiter différents univers, différentes sonorités.
« C’est un album pour lequel j’ai pu faire vivre toutes mes plus grandes influences, tant musicalement que dans les textes. Dans les sonorités, on entend du country, de la grande chanson française, du rock français et un peu d’influences sud-américaines. C’est un disque qui rassemble tout ce que j’aime. Avec États d’amour, et aussi De retour à la source, c’est un album dont je suis particulièrement fière. »
Elle étonne même en chantant en italien le temps d’une pièce, « Una storia d’amore », ballade empruntée au rappeur Jovanotti. « Je voulais absolument faire une reprise italienne, dit-elle. Benjamin Biolay m’a fait écouter cette chanson et je suis tombée en amour instantanément. » Ce titre fait d’ailleurs partie de ceux qu’elle prend le plus plaisir à faire sur scène dans le cadre de sa nouvelle tournée québécoise, laquelle a repris au cours des derniers jours.
« Dans ce nouveau spectacle, il y a beaucoup de chansons du nouvel album », indique celle qui a célébré ses 25 ans de carrière en 2017. Cela ne l’empêche pas de parcourir une grande partie de son répertoire, incluant des pièces de Serge Reggiani qu’elle avait reprises dans son projet précédent.
Entourée de cinq musiciens, elle promet un spectacle « sans fard, où on ne retrouve que l’essentiel », un spectacle au service des chansons. Sans prétention, elle se décrit comme une « pharmacienne de l’âme ».
« Ce qui m’a amenée à chanter lorsque j’étais petite, c’est quand je voyais le regard des gens s’illuminer, leur tête se relever. Dans ce spectacle, les spectateurs seront à la fois émus et emportés par la joie. »
Isabelle Boulay fera un arrêt à Saint-Hyacinthe avec sa tournée En vérité le jeudi 15 février, à 20 h, à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde.

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