17 novembre 2011
Acura ZDX
Étrange véhicule
Par: Marc Bouchard

Il n’a certes pas la forme traditionnelle d’un véhicule familial. En fait, il reprend plutôt les lignes de ces nouveaux grands coupés quatre portes à hayon qui font rage sur le marché automobile. Et n’en déplaise aux puristes, c’est une nouvelle interprétation de ce que la Pontiac Aztek était, version plus moderne. Mais avouons-le, ce style unique, le Acura ZDX le porte avec un certain honneur.

Évidemment, ce n’est pas exactement un véhicule de masse. À près de 60 000 $ et une silhouette aussi unique, pas question que les foules se pressent pour l’acheter. Et le ZDX n’est pas exactement sans défaut non plus. Malgré tout, il est intéressant en conduite, agréable et luxueux.

Compromis au style

Réglons la chose d’entrée de jeu : le design du ZDX ne fait pas l’unanimité et ne la fera jamais. La partie avant reprend la très contestée calandre de Acura. Mais sur un véhicule de cette taille, on peut certes affirmer qu’elle sied plutôt bien à la bête, et se cache un peu dans les dimensions imposantes du véhicule.

C’est plutôt la partie arrière qui pose problème. En fait, dès le haut du pare-brise avant, la ligne de toit commence à descendre doucement vers l’arrière. Le résultat, de profil, donne peut-être un véhicule aérodynamique, mais là s’arrête la qualité. Non seulement cela lui confère-t-il un look aux étranges proportions, mais entraîne de surcroît bon nombre de problèmes ergonomiques. Essayez, par exemple, de vous glisser à l’intérieur sans vous recroqueviller devient une véritable aventure. Même moi, dont la taille n’est pourtant pas exceptionnelle (je parle ici de ma hauteur, pas de ma largeur, bande de mauvaises langues), je devais me replier pour me glisser sur le banc sans encombre. Un ami, dont la taille excède quelque peu les 6 pieds, devait littéralement plonger tête première pour être capable d’y prendre place. Si au moins cet espace était réutilisé comme espace de chargement, on pourrait comprendre. Mais la ligne est tellement profilée qu’elle diminue d’autant la hauteur du coffre arrière. Sans compter que cette ligne plongeante force la mise en place d’une glace arrière littéralement déformée, n’encourageant en rien la visibilité. Bref, un sérieux compromis de confort fait pour le plaisir du style. Quant à l’habitacle, il ne remporte guère la palme non plus. Évidemment, la planche de bord regorge de boutons de toutes sortes, demandant une attention sans relâche lorsqu’on les manipule. Les cadrans sont aisément lisibles, heureusement, et la finition sans défaut, ce qui nous réconcilie un peu avec l’intérieur. Les sièges sont confortables, agréables et facilement ajustables, ce qui permet aussi de trouver une position de conduite digne de ce nom. Mais comme on peut s’en douter, l’espace arrière est largement insuffisant pour assurer le confort des passagers. Sans équivoque, le Acura ZDX est un modèle pour deux personnes, avec quelques amis occasionnels!

Sous le capot

Heureusement, en matière de conduite, le ZDX se positionne un peu mieux. Sa direction, sans être un modèle du genre, souffre un peu de sa surassistance, mais permet tout de même de diriger la bête avec aisance et un minimum de plaisir. Les suspensions sont, cela va de soi, tournées un peu vers le confort, mais pas au point de compromettre la tenue de route.

Et comme le ZDX est une dérive du MDX, c’est sans grande surprise que l’on retrouve le même moteur. Le très compétent V6 de 3,7 litres en impose. Il est souple et offre une très bonne tonalité lors des accélérations. En revanche, ne vous étonnez pas d’atteindre aisément les 12 litres aux 100 km, ce qui est tout de même imposant pour un véhicule de cette taille. Dernier détail, et non le moindre, le SH-AWD, ou le rouage intégral de Acura, est encore une fois un exemple incroyable. Il réagit en toute transparence, et nous aide à maintenir le cap avec aisance.

En résumé

Si on parvient à oublier son look, le Acura ZDX saura certainement vous contenter en matière de conduite. Mais soyons réalistes, peu de gens correspondent vraiment à la clientèle qu’il dessert. Peut-être est-ce pourquoi on en voit si peu sur la route.

Forces :

– Moteur agréable – Rouage intégral performant – Finition impeccable

Faiblesses :

– Style controversé – Consommation – Visibilité

Fiche technique :

Moteur : V6 3.7L Puissance (ch@tr/min) : 300 @ 6300 Couple (lb.pi@tr/min) : 270 @ 4500 Roues motrices : Traction intégrale Transmission : Automatique à 6 rapports Freins : Disques aux 4 roues Consommation observée : 12,1 l aux 100 km Prix : 56 800 $

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