24 septembre 2020
Forum
Exceldor, une vraie coopérative?
Par: Le Courrier

Le dossier divise. Pour ma part, pour aucune considération, le territoire agricole ne devrait être amputé. C’est une question de survie de notre garde-manger. Que l’on veuille donner d’autres terres en compensation n’est pas une avenue. Changer une terre agricole contre une autre qui est aussi en culture est, selon moi, une perte nette de terrain.

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Ce que je vois dans ce conflit est une opposition entre deux visions de l’agriculture. D’une part, un syndicat qui appuie la CPTAQ dans sa mission de conserver le couvert agricole du territoire et de l’autre, des gens d’affaires qui voient une opportunité d’augmenter la rentabilité d’une entreprise.

Deux verdicts ont déjà été rendus et sont logiques avec la mission de la CPTAQ. Pourquoi s’entêter? Exceldor n’est-elle pas une coopérative? Alors, pourquoi ne veut-elle pas coopérer? Selon la définition, « une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ».

Il y a les mots « besoins économiques » et « sociaux » dans la définition. Lorsque la possibilité de déménager ne peut se faire, pourquoi ne pas développer l’aspect social de l’entreprise. On donne comme raison majeure du déménagement la faiblesse des réseaux de traitement des eaux à l’entrée et à la sortie de la municipalité. Dans ce cas, pourquoi ne pas discuter avec les municipalités de Saint-Damase et de Saint-Pie pour y investir une partie des sommes prévues (200 M$) pour aider à leur mise à niveau? Négocier pour l’amélioration des réseaux et ensuite avoir des congés de taxes pour un certain nombre d’années? La Municipalité de Saint-Damase conserverait ainsi son usine qui emploie nombre de citoyens et de sous-traitants. Pensons à l’exemple de l’implication d’Olymel dans l’agrandissement du réseau d’aqueduc à Saint-Simon.

L’investissement majeur pourrait ainsi profiter à la collectivité. Au niveau régional, si effectivement il y avait création de 350 nouveaux emplois, il y aurait alors là une possibilité d’implanter un système de transport en commun pour travailleuses et travailleurs pour faire voyager ces 600 employés et possiblement 1000 comme le font miroiter les dirigeants de la coopérative.

Au final, ce sont tous les citoyens de la région qui y gagneraient, car l’eau de la Yamaska serait mieux protégée. Déjà, à Saint-Hyacinthe, on peine à ne pas faire trop de surverses, car le réseau est au maximum de sa capacité. À preuve, la Ville s’apprête à dépenser 33,8 millions pour mettre à niveau son usine de traitement des eaux usées.

Finalement, il faut considérer que la production de volailles au Québec est contingentée. Ceci veut dire que ce n’est pas parce que la capacité de transformation d’une usine augmente que ça va faire augmenter la production à la base. Ce n’est somme toute qu’une compétition entre entreprises pour une meilleure part du marché. L’ensemble de la tarte demeure la même.

Considérant ce point de vue, un déménagement est-il toujours aussi pertinent?

Jacques Tétreault, Saint-Hyacinthe

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