8 octobre 2020
Carte blanche
Excuses systémiques
Par: Christian Vanasse
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Je trouve que c’est pas juste François Legault qui devrait présenter des excuses aux Autochtones. On est une gang, moi le premier. Ah, pas tout le monde là, j’parle pas pour les autres! Toués autres vous êtes formidables, pis vous n’avez rien à vous reprocher, pis si vous me lisez, vous êtes encore plus formidables. Mais moi, non.

Moi pis une gang, on a des choses à se faire pardonner devant nos sœurs et frères des Premières Nations. Pis là, je parle pour moi, je voudrais d’abord m’excuser pour le passé. M’excuser d’avoir trop longtemps pensé que l’enracinement du racisme dans le système colonial, c’était juste la faute des autres, de mes ancêtres ou du fédéral. Que moi, j’avais rien à voir là-dedans, que je pouvais pas savoir pis que j’y pouvais rien.

Mais c’est faux. J’avais tout à voir là-dedans. J’avais juste à lire l’Histoire, la vôtre, pis me questionner. « Coudonc… c’est qui sur le 10 piasses, pis pourquoi la peinture rouge sur sa statue? C’est quoi Idle no more? C’était qui Joyce Echaquan? »

Je m’excuse pour le passé, mais aussi pour le présent. Pour ne pas être assez souvent à vos côtés, ne pas assez vous écouter, ne pas assez vous connaître, ne pas encore avoir appris le nom de vos nations, ne pas assez partager votre art, votre culture, votre poésie et vos chansons. Je regrette d’être à peine capable de vous saluer ou de vous remercier de votre infinie patience dans votre langue.

Vous êtes mes sœurs et mes frères. Je veux partager vos douleurs, vos luttes, vos indignations, mais aussi vos espoirs. Je veux m’excuser pour le passé et le présent et m’arranger pour qu’à l’avenir, je n’ai plus à le faire.

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