9 septembre 2021
Cégep de Saint-Hyacinthe
Expansion et tensions
Par: Le Courrier
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Comme il était rafraîchissant et drôlement intéressant de lire dans notre dernière édition les (rares) propos du directeur général du Cégep de Saint-Hyacinthe sur les perspectives de croissance de son établissement. Les étudiants y abondent et les installations peinent à répondre à la demande. Tant et si bien qu’un agrandissement s’impose.

Emmanuel Montini parle d’un agrandissement qui pourrait atteindre les 125 M$ répartis en quelques phases. Le sujet avait d’ailleurs fait l’objet d’une présentation virtuelle il y a plusieurs mois, mais à l’interne seulement. Car c’est à l’interne, recroquevillé sur lui-même, que le Cégep de Saint-Hyacinthe traite la grande majorité de ses affaires depuis quelques années, au lieu de s’imposer, de rayonner et de prendre la place médiatique qui lui revient dans le milieu.

Pas certain que cette façon d’évoluer en vase clos sert nécessairement la cause du collège et de ses étudiants. Mais à voir le peu, voire l’absence, de communiqués officiels que nous recevons bon an mal an depuis quelques années, on comprend que les communications externes ne sont pas vues comme une priorité au collège de l’avenue Boullé.

Si nous ne suivions pas avec assiduité les activités sportives et culturelles du Cégep de Saint-Hyacinthe, les Maskoutains n’entendraient pas souvent parler de ce qui s’y passe. Est-ce que cette discrétion est volontaire et imposée par le directeur général? Je ne pourrais dire, car je ne le connais pas assez malheureusement. Il ne recherche pas les projecteurs, contrairement à l’un de ses prédécesseurs. Vous souvenez-vous de Jean G. Barbeau et de toute la saga des étudiants étrangers, des rénovations extravagantes, du contrat en Haïti, des frais de représentions princiers et de toute la saga qui a conduit à son départ en 2007?

Ces histoires ont laissé des traces et incité le successeur de M. Barbeau, Roger Sylvestre, à remettre le couvert sur la marmite et à se tenir à bonne distance des médias. On aurait pu penser ou souhaiter que l’arrivée de M. Montini en 2018 coïncide avec une plus grande ouverture et une reprise du dialogue, mais on attend toujours.

À sa décharge, Emmanuel Montini n’est pas à la tête du Cégep de Saint-Hyacinthe pour gagner un concours de popularité. Il a eu à se familiariser avec un nouvel environnement. Et l’inverse est aussi vrai. On raconte que la lune de miel a été de courte durée et que des enjeux de gestion au niveau de l’équipe d’encadrement sont apparus rapidement. Il a entre autres dû assumer de front pendant un bon moment les exigeants postes de directeur général et de directeur des études. Gros, voire énorme mandat. Et la pandémie n’a rien fait pour arranger les choses depuis 18 mois. Tout cela laisse peu de temps pour approuver des communiqués de presse et jaser avec les journalistes.

Parlant de ça, nous avions eu vent d’une réorganisation administrative estivale au collège et de quelques départs suspects. L’ancien président du conseil d’administration, René Vincelette, ne s’est pas défilé. Fidèle président pendant les années Sylvestre (2008 à 2018) et le début de règne de M. Montini, il a tenu des propos assez intrigants au moment d’expliquer les raisons de son départ. M. Vincelette a évoqué des discussions intenses au sein du comité exécutif. Et il n’a pas nié non plus « des tensions à l’interne », en affirmant qu’il n’y a jamais de fumée sans feu. Enfin, il a eu un commentaire assez curieux en parlant de ses années passées dans l’environnement du Cégep. « J’y ai vu du professionnalisme et des gens dévoués. Je tiens vraiment à remercier tout le personnel. J’espère qu’on ne mettra pas de côté des valeurs qui ont été chèrement développées auparavant. » Les questions qui se posent : pourquoi le ferait-on et pourquoi s’inquiète-t-il soudainement?

Interrogé en ce début de rentrée, Emmanuel Montini a été invité à réagir à ces propos et aux possibles tensions à l’interne. Il s’en est défendu, niant même toutes formes de tension. « On n’a pas de problème à aller chercher de très bonnes candidatures dans nos postes-clés. Ce sont des rumeurs très mal fondées. On a des échanges comme dans toute organisation et c’est sain. »

On ne demande pas mieux que de le croire, même si un doute subsiste. L’année scolaire est encore jeune, on va donc suivre les événements.

À distance.

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