21 mars 2019
Sheraton et centre de congrès
Faible intérêt des congressistes envers la navette
Par: Jean-Luc Lorry

La navette prévue pour transporter congressistes et clients du Sheraton au centre-ville ne connaît pas le succès escompté. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La navette exploitée depuis le mois d’octobre pour transporter congressistes et clients de l’hôtel Sheraton vers le centre-ville de Saint-Hyacinthe est moins populaire que prévu.

« Malheureusement, nous recevons très peu de demandes, car la majorité de la clientèle qui séjourne à l’hôtel assiste à un congrès ou à une réunion d’affaires. Elle a donc très peu de temps disponible, explique Michel Douville, directeur général du Sheraton et du Centre de congrès de Saint-Hyacinthe. Il est possible que la clientèle de tourisme d’agrément soit plus susceptible d’utiliser ce service. »

La navette est mise à la disposition de la clientèle sept jours par semaine. L’horaire des départs au centre-ville est affiché dans le hall d’entrée du Sheraton. Ce service gratuit est également mis de l’avant par le Bureau d’information touristique situé dans le centre de congrès.

Ce minibus aux couleurs du centre de congrès et du Sheraton a été acquis par l’entreprise de Michel Douville qui s’est entendue sur les termes d’un contrat de gestion des deux entités avec Beauward Immobilier (propriétaire du Sheraton) et la Ville de Saint-Hyacinthe (propriétaire du centre de congrès).

Selon le Service des communications de la Ville, ce véhicule acquis au coût de 105 000 $ par le gestionnaire du complexe intégré lui sera remboursé mensuellement à parts égales par la municipalité et par Beauward Immobilier sur une période de 10 ans.

« Le prix du véhicule inclut son habillage ainsi que sa conversion au gaz naturel renouvelable », précise Brigitte Massé, directrice des communications à la Ville.

Corbeil enthousiaste

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, ne manque pas une occasion de rappeler l’utilité de cette navette.

« En collaboration avec le gestionnaire du centre de congrès et de l’hôtel, nous avons désormais une navette qui permet aux visiteurs du centre de congrès de se rendre facilement au centre-ville pour y manger, voir des spectacles, faire des emplettes. Nous sommes convaincus que ce service va permettre à bien des congressistes de découvrir notre centre-ville et que ces derniers vont ainsi contribuer à son essor », avait-il déclaré l’automne dernier dans le cadre de la soirée d’informations sur le projet de la promenade Gérard-Côté.

« Je dis aux commerçants du secteur [centre-ville] : vous devez saisir cette opportunité en étant de bons ambassadeurs et discuter avec l’opérateur et les gens du centre de congrès pour qu’on puisse amener le monde dans vos commerces pour que les gens puissent découvrir notre beau centre-ville », avait ajouté le maire Corbeil.

Navette invisible

Les quelques restaurateurs du centre-ville interrogés sur l’utilisation de cette navette sont unanimes. Ils ne l’ont jamais aperçue.

« Je n’ai jamais vu la navette au centre-ville. Je ne savais même pas qu’elle existait », mentionne Kevin Gauvin, copropriétaire du restaurant L’Espiègle.

Un son de cloche identique a été recueilli auprès de Guy Duhaime, propriétaire du restaurant Pépé Trattoria.

« Je ne l’ai jamais vue au centre-ville. Je pense que ce service de navette devrait être annoncé au centre de congrès. Il faut faire la promotion de nos outils », considère M. Duhaime.

Sophie Picard, copropriétaire du resto-pub Le Bouffon, a été piquée au vif par un article du journal Les Affaires indiquant que la navette avait été utilisée pour desservir un restaurant dans une municipalité voisine.

« La navette a même été utilisée par des clients de l’hôtel qui souhaitaient se rendre au restaurant Le Coureur des bois, à Beloeil, situé à une quinzaine de minutes du complexe », avait précisé Michel Douville, dans un article illustrant la relance du tourisme d’affaires à Saint-Hyacinthe.

« Cette navette qui n’a jamais été vue au centre-ville transporte des clients à l’extérieur de la municipalité. Quel dommage », dénonce Mme Picard, dont le fonds de commerce est actuellement en vente.

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