31 mai 2018
Centre d’amusement
Faillite éclair chez Maskarade
Par: Jean-Luc Lorry
Le Centre d’amusement Maskarade.

Le Centre d’amusement Maskarade.

Huit mois à peine après avoir ouvert ses portes sur la rue Picard, le Centre d’amusement Maskarade ferme définitivement. La rentabilité ne semblait pas être au rendez-vous puisque l’entreprise vient de déclarer une faillite de 529 475 $, a appris LE COURRIER.

Utilisant les réseaux sociaux pour promouvoir son entreprise, la propriétaire et directrice du Centre d’amusement Maskarade, Catherine Robillard, a mis en ligne une vidéo le jeudi 24 mai, pour annoncer cette fermeture subite et inattendue.

« En raison de la conjoncture commerciale dans laquelle nous nous sommes retrouvés, on doit fermer nos portes. […] À tous mes fournisseurs, je suis désolée de la façon dont cela s’est terminé », mentionne Mme Robillard avec émotion.

Selon le site Internet de ce centre d’amusement, l’entreprise regroupait huit employés incluant sa propriétaire. Maskarade occupait un local d’une superficie de 7 000 pieds carrés dans une imposante bâtisse commerciale appartenant au Groupe Marcil, une société de gestion de Saint-Hyacinthe. Cet édifice compte aussi comme locataire le resto-bar Le White Rabbit. 

Il y a un an, Catherine Robillard nous avait dévoilé les grandes lignes de ce premier centre d’amusement à Saint-Hyacinthe. « J’ai travaillé un an et demi sur ce projet. Maskarade s’adressera aux enfants âgés de 0 à 12 ans. Mon objectif est de favoriser le lien parents-enfants par le jeu et l’amusement », avait alors précisé Mme Robillard. 

Selon les documents obtenus par LE COURRIER auprès du syndic Raymond Chabot, les créanciers garantis réclament un montant totalisant 395 874 $. Les réclamations se partagent entre la Banque de Développement du Canada (125 000 $) et la Banque de Montréal (25 000 $ et 245 874 $). 

Au chapitre des créanciers non garantis, la liste compte 34 noms totalisant une somme de 133 600 $. Les réclamations les plus importantes sont celles du Groupe Marcil (70 000 $), Catherine Robillard (35 052 $) et Futurpreneur, un soutien financier de l’entreprise (15 000 $). 

En août 2017, Mme Robillard avait reçu une subvention de 4 000 $ de la Mesure d’aide au démarrage d’entreprise (MADE) de la MRC des Maskoutains. Maskarade avait aussi été lauréate à deux reprises du Prix OSEntreprendre pour les années 2017 et 2018. 

Pour concrétiser son projet, la propriétaire avait effectué des améliorations locatives pour un montant de 240 732 $ et fait l’acquisition d’équipements, comme un module de jeu, pour une somme totalisant 195 452 $. L’estimation des biens faite par le syndic chiffre aujourd’hui l’actif à seulement 31 067 $.

Victime de la concurrence?

Selon Claude Rainville, le Centre d’amusement Maskarade a joué de malchance avec l’arrivée quelques mois plus tard d’Ekça Saute, une entreprise exploitant un créneau similaire. 

 « Je ne connais pas les raisons précises de la fermeture. N’ayant pas vu les résultats financiers de Maskarade et surtout l’écart entre les projections et les résultats réels, il m’est difficile de me prononcer. Cependant, il est logique de penser que l’arrivée d’Ekça Saute ait eu un impact sur les résultats, compte tenu de la taille de notre marché », estime Claude Rainville, directeur du développement commercial à Saint-Hyacinthe Technopole.

Ouvert au public depuis le 24 février 2018, Ekça Saute est un centre d’amusement situé sur le boulevard Choquette. L’entreprise occupe une superficie de 18 000 pieds carrés, dont 10 000 pieds carrés d’espace de jeux.

« Nous nous adressons aux enfants âgés de zéro à douze ans. Nous disposons aussi d’un espace pour les tout-petits. L’accès à notre section trampoline est très populaire », indique en entrevue au COURRIER, la propriétaire des lieux, Claudia Pincince.

Selon les données compilées par l’entreprise, Ekça Saute a accueilli environ 12 000 visiteurs en l’espace de 12 semaines. À titre comparatif, le centre d’amusement Maskarade avait annoncé que 10 000 visiteurs avaient franchi les portes de l’établissement sur une durée de 17 semaines. 

La première assemblée des créanciers aura lieu le 21 juin dans les bureaux de Raymond Chabot à Saint-Hyacinthe. 

Catherine Robillard n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue. 

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