30 janvier 2020
Pénurie de main-d’œuvre au CISSS-ME
Faire des heures supplémentaires dans un autre département?
Par: Olivier Dénommée

Pour aider à diminuer les impacts de la pénurie de main-d’œuvre, particulièrement criante dans le milieu de la santé, la direction du CISSS-ME a fait un appel à tous ceux qui souhaitaient faire des heures supplémentaires dans un autre département de se manifester. Une initiative que le président du syndicat, Daniel Laroche, n’a jamais vue avant. Photothèque | Le Courrier ©

Personne ne sera particulièrement surpris de constater que l’urgence de l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe déborde en ce mois de janvier. Ni que la pénurie de main-d’œuvre au Québec se fait très durement sentir dans cet établissement de santé. Ce qui est plus surprenant, c’est que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSS-ME) en vienne à demander à ses employés de faire des heures supplémentaires dans un autre département pour combler les manques.

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Dans une note de service adressée aux employés du CISSS-ME le 20 janvier, dont LE COURRIER a obtenu copie, la direction lance notamment un « appel à tous » pour tous les employés qui n’ont pas l’opportunité de faire des heures supplémentaires dans leur propre secteur pour en faire dans un autre département. Ainsi, hypothétiquement, des employés de bureau pourraient être sollicités pour donner un coup de main à l’équipe d’hygiène/salubrité.

Hugo Bourgoin, conseiller aux relations médias et ministérielles, confirme qu’un appel à tous a été fait auprès des employés du CISSS-ME, qui peuvent se manifester sur une base volontaire pour être inscrits à la liste de rappel. Au moment d’écrire ces lignes, il ne savait pas encore combien d’employés avaient fait connaître leur intérêt. De plus, « un employé qui manifesterait un intérêt pour offrir des heures supplémentaires dans le secteur de l’hygiène/salubrité à la suite de notre appel à tous dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre recevrait exactement la même formation qu’un nouvel employé provenant de l’externe, soit cinq jours », précise-t-il.

Du côté du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de la Montérégie-Est – CSN, le président Daniel Laroche reconnaît qu’il n’a jamais vu une telle demande auparavant. « On se pose des questions sur les enjeux de sécurité, surtout quand on parle d’entretien ménager qui travaille avec des produits chimiques. Si la direction accepte n’importe qui pour faire des heures supplémentaires, j’espère au moins qu’elle offre suffisamment de formation. Si un des employés était mal formé et se blessait, on ne serait pas plus avancés », craint-il.

C. difficile

Cet appel à tous lancé par la direction survient à un moment où une éclosion de C. difficile affecte trois unités de l’hôpital Honoré-Mercier. Toutefois, M. Bourgoin assure qu’un employé qui donnerait un coup de main au secteur hygiène/salubrité ne serait jamais affecté à ces étages. « La sécurité de nos employés et de nos usagers demeure notre priorité. » Il ajoute que, depuis la mise en place de « mesures de protection », aucun nouveau cas n’avait été répertorié, signe que l’éclosion est contenue.

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