5 juillet 2012
Faire la part des choses?
Par: Le Courrier

Je termine à l’instant la lecture de l’entrevue avec notre député à l’Assemblée nationale, Émilien Pelletier. Bien que je sois entièrement d’accord avec son analyse de la crise, à savoir que le gouvernement Charest en est entièrement responsable, je ressens un sérieux malaise quant à la position personnelle de M. Pelletier ou plutôt, devrais-je préciser, face à celle du Parti québécois en son entier.

Je termine à l’instant la lecture de l’entrevue avec notre député à l’Assemblée nationale, Émilien Pelletier. Bien que je sois entièrement d’accord avec son analyse de la crise, à savoir que le gouvernement Charest en est entièrement responsable, je ressens un sérieux malaise quant à la position personnelle de M. Pelletier ou plutôt, devrais-je préciser, face à celle du Parti québécois en son entier.

De la même manière qu’on ne peut être à moitié enceinte, son organisation politique ayant déjà annoncé ses couleurs face au conflit étudiant (rouge, en l’occurrence), il me semble inadmissible de « ranger dans sa poche le symbolique morceau de tissu », sous prétexte que ça ne plait pas à tout le monde! Ceci, aux yeux de nombre de ses commettants, dénote une ambivalence inquiétante quant à la manière dont le PQ entend assumer son leadership très éventuel. La Fête nationale constitue un prétexte facile, et cacher son carré rouge ajoute poids aux assertions actuelles de plusieurs accusant Mme Marois « d’aller selon le vent ». Où est le problème, M. Pelletier? Si le PQ est sincère dans son intention d’abroger la loi 78 dès son élection, si le Sommet sur l’éducation est un objectif ferme, pourquoi ce « morceau de tissu » devient-il tout à coup dérangeant? Est-ce à dire que si une partie de la population est défavorable à l’abrogation de la loi, vous ferez marche arrière? Est-ce à dire que les publicités « négatives » diffusées actuellement à l’endroit de votre chef sont suffisantes pour vous faire virer capot? Je vous ai connu sous un autre jour, M. Pelletier, quand l’adversité vous portait en avant, quand vous parliez d’autant plus fort et consacriez encore plus d’énergie à convaincre vos concitoyens. Le siège de l’Assemblée nationale est-il si confortable que vous hésitez à y ajouter du rouge au cas où les couleurs jureraient? Vous prenez la parole de manière enflammée en présence d’un Léo Bureau-Blouin, mais rangez votre « morceau de tissu » devant un journaliste! Votre ambivalence me déçoit, monsieur, car elle ne vous ressemble pas!

Lyne Goulet-30-

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