28 juin 2018
Familles maskoutaines (2) – Les Lussier
Par: Le Courrier
Le Restaurant Lussier en 1965.

Le Restaurant Lussier en 1965.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, la famille Lussier se retrouve au 142e rang des 1 000 premiers noms de famille. En sol maskoutain, selon le nombre d’actes inscrits aux registres paroissiaux, elle arrive en tête de liste.

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La première mention d’un Lussier apparaît le 14 avril 1764, alors que le notaire Frichet rédige un contrat par lequel le seigneur Hyacinthe Delorme concède une terre au sud de la seigneurie de Saint-Hyacinthe, en la première concession, c’est-à-dire au Rapide-Plat, à Christophe Lussier de Saint-Antoine-sur-Richelieu, époux d’Élisabeth Guyon. La terre concédée a une superficie de quatre arpents de front sur trente de profondeur, prenant par en avant à la rivière Yamaska.

Christophe semble avoir abandonné son projet, car une note au bas de ce même contrat dit que cette terre a été délaissée et reconcédée à Jean-Baptiste Normandin, le 14 juin suivant.

Dans nos registres paroissiaux, c’est 24 ans plus tard que le nom Lussier refait surface. Le 20 mai 1788 est baptisée dans l’église Notre-Dame-du-Rosaire Marie-Marguerite Lussier, fille de Michel Lussier et de Marie-Louise Brière, aussi nommée Labruère ou Labrière. Ce Michel Lussier, fils de Christophe Lussier précédemment nommé, s’était marié le 6 février 1769 à Saint-Antoine-sur-Richelieu. On trouve le couple à Yamaska entre 1770 et 1779, à Saint-Denis-sur-Richelieu entre 1781 et 1786 et ensuite à Saint-Hyacinthe. Ils ont eu 14 enfants.

Le premier mariage d’un Lussier à Saint-Hyacinthe a été celui de Jean-Baptiste Lussier, fils de Jean-Baptiste père et de Catherine Fontaine, qui a épousé le 3 mars 1794 en l’église Notre-Dame-du-Rosaire Madeleine Porreault, fille de Philippe Porreault et d’Angélique Petitclaire.

Le Courrier et Camille Lussier

Fondé en 1853, Le Courrier de Saint-Hyacinthe a connu plusieurs propriétaires, dont Camille Lussier qui, dès 1865, en devient durant quelques années le seul propriétaire. Tandis qu’en 1876, le propriétaire-éditeur du journal était le député Rémi Raymond, avec P.-E. Roy, Boucher de La Bruère et Camille Lussier. C’est à ce moment qu’apparaît la Compagnie d’imprimerie de Saint-Hyacinthe et Camille Lussier en reste le gérant.

L’École commerciale Lussier

Né en 1907 à Saint-Valérien, Charles-Léon Lussier fonde l’École en juillet 1936. L’année suivante, il épouse Rose-Amande Ménard à la cathédrale de Saint-Hyacinthe. L’École a d’abord été située dans l’édifice Brodeur, à l’angle de l’avenue Saint-Denis et de la rue des Cascades. Elle occupa ensuite plusieurs adresses : le 780, avenue de l’Hôtel-Dieu, le 1324, rue des Cascades, le 1895, rue Duvernay, le 2290, avenue Saint-Joseph, le 1090, avenue Pratte et finalement le 1625, rue Saint-Antoine avant de fermer en 1992. 

On y dispensait le cours commercial, soit la comptabilité, l’arithmétique, la sténographie, la dactylographie, les sciences commerciales, l’informatique, le français et l’anglais. Au cours de son histoire, l’École Lussier a formé quelques milliers d’élèves qui ont occupé des postes dans les différents bureaux de la ville et des environs.

Le Marché Lussier

Ouvert le 23 juin 1954, sous la bannière Red & White, le Marché Lussier, situé à l’origine au 695, rue Saint-Louis, aujourd’hui le 16 475, avenue Saint-Louis, a été en activité pendant 50 ans dans le quartier Saint-Joseph. Propriété de Maurice Lussier (1919-1993), natif de Saint-Joachim-de-Courval, marié en 1946 à Saint-Cyrille-de-Wendover à Marie-Ange Flibotte (1922-2009), le marché a ensuite adopté la bannière Axep avant de devenir le Marché Lussier. 

Leurs treize enfants ont pratiquement tous mis la main à la pâte, que ce soit à la boucherie, aux fruits et légumes, aux caisses, à l’étalage ou à la livraison. La venue de la grande surface Héritage, abritant maintenant le Maxi, a sonné le glas pour le Marché Lussier qui a fermé ses portes le 14 février 2004.

Le Restaurant Lussier

C’est également en 1954 que le Maskoutain Germain Lussier (1930-2008) accueille ses premiers clients à bord d’une simple roulotte à patates frites, au coin des rues Bourdages et Saint-Pierre. En 1956, il prend pour épouse Louise Blanchard (1932-2010) en l’église de Saint-Joseph. En 1960, il décide d’agrandir et inaugure la nouvelle cantine avec un spécial, juste pour l’occasion : un hot-dog, une patate frite et un Coke pour 25 cents.

 

À suivre : Les Morin

 

Daniel Girouard, membre du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe

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