3 mars 2016
Féministe, moi non plus
Par: Christian Vanasse
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Quand Lise Thériault, ministre de la Condition féminine, a déclaré ne pas être féministe, ça ne m’a pas étonné.

Elle fait partie d’un gouvernement qui voit l’austérité comme de la rigueur et qui continue de croire que donner 1,3 milliard à Bombardier pour aider à supprimer des emplois ici pour les ­envoyer au Mexique est une excellente nouvelle économique…

On a aussi un ministre de l’Éducation qui a toujours voulu abolir les Commissions scolaires et les CPE, mais qui assure qu’il défendra le ­système public… tout en refusant d’y envoyer ses enfants. N’y voyez là aucune contradiction. Simplement une totale liberté de choix… de mots. Ainsi va Lise Thériault, qui se déclare plus égalitaire que ­féministe. Et ce, malgré le fait que le ­dictionnaire décrive le féminisme comme étant précisément « la ­recherche de ­l’égalité homme-femme ».

Les Libéraux sont parfaitement ­capables d’appeler un chat, un chien. Il miaule à sa manière c’est tout. ­D’ailleurs, « ce débat n’est pas utile » ­affirme Philippe Couillard qui préfère « des gestes concrets pour ­assurer l’égalité ».

Ah ben, justement, parlons-en du concret. Bien à l’ombre du débat, la ­ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, refusant elle aussi l’étiquette « féministe », permettra que le mariage religieux devienne une « union ­spirituelle sans conséquence » ouvrant ainsi la porte à la disparition d’un ­acquis majeur des luttes des femmes : le partage du ­patrimoine en cas de ­divorce. Mais plus inquiétant encore, rendrait possible le mariage forcé et la polygamie. Le Parti ­libéral y verra sûrement une excellente nouvelle pour les femmes, le féminisme n’étant après tout, qu’une question de point de vue.

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